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LES VARIETES

Vous chantez dans le monde des variétés. Tous les professionnels de ce milieu sont reconnus pour certaines qualités,et pas forcément leur voix. Les voix peuvent y être exécrables ou magnifiques. Ce monde est relié à une activité économique énorme : le disque, la télévision, les spectacles, la vidéo, et les intérêts financiers sont tous privés, car les subventions d'Etat vont au chant classique. Les intérêts économiques peuvent être en contradiction avec les intérêts sanitaires d'une voix. Que dirait l'impresario de Patrick Bruel si demain celui ci avait la voix ronde et sans enrouement comme Yves Montand ?

Les critères de qualité peuvent donc être différents pour un directeur artistique et pour l'artiste lui-même. Mais les larynx sont identiques à ceux du monde classique. On leur demande en général moins de capacités techniques, quoique… quand on écoute les américains, tels Sammy Davis Jr, jazzman, crooner ou ténor d'opéra dans Porgy and Bess, on en doute. Nos appréciations sur les artistes ne seront que techniques.

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On distingue généralement quatre catégories :

Auteurs Compositeurs Interprètes

Visuels Choristes

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AUX AUTEURS COMPOSITEURS,

Il est demandé d'avoir écrit des textes, des musiques ou les deux qui sortent de ce qui est connu. Certains peuvent s'offrir le luxe d'une voix perpétuellement malade (Barbara) de n'avoir qu'une tessiture étroite (Brassens) ou un timbre désagréable (Antoine, Renaud), ils ne sont pas jugés sur ce critère. Certains améliorent très sensiblement leur qualité vocale. Quiconque a entendu Charles Aznavour à l'entracte des cinémas avec son partenaire Roche à la fin de la guerre, apprécie sa voix d'aujourd'hui (cf son duo avec Sinatra). Certains comme Gilles Vigneault, Florent Pagny, Polnareff ou Michel Fugain n'ont pas attendu pour être musiciens et bons chanteurs.

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AUX INTERPRETES,

On demande aux interprètes de savoir au moins chanter ou d'avoir une personnalité exceptionnelle faisant oublier une voix sans intérêt, et ceux qui dépassent les dix ans de carrière en apportent la preuve (Nana Mouskouri, Piaf, Mireille Mathieu, Yves Montand, Herbert Léonard, Céline Dion,Lara Fabian, Isabelle Aubret ou Nicole Croisille pour les bons chanteurs, Jane Birkin, Jeanne Moreau, Carlos, Dutronc, Serge Reggiani pour les personnalités). Avoir une bonne voix, et parfois une bonne technique n'évite pas pour autant les difficultés vocales, mais au moins, on sait conduire son instrument. Les difficultés peuvent venir d'ailleurs, comme pour les chanteurs classiques.

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AUX VISUELS

On demande d'être beaux ou belles, on les entoure avec des costumes à paillettes de choristes, de danseurs, de lumières clignotantes et on les use souvent en quelques mois (Ophélie Winters, les 2B3, boys bands,Spice girls et bien d'autres). Ils peuvent même se permettre de chanter faux ou de faire semblant de chanter en ouvrant la bouche sur un disque, car les exploits physiques demandés (jusqu'au saut périlleux) sont peu compatibles avec la maîtrise du chant. Cette pratique magnifiée par la famille Jackson, dont le précurseur français fut Claude François il y a 35 ans, poussée par les producteurs de télévision et leurs réalisateurs effrayés par le "direct", a amené au devant de la scène des personnages visuels qui en arrivent à croire qu'ils sont chanteurs… Cela ne les empêche même pas d'avoir des problèmes de voix, d'autant plus qu'ils n'y connaissent rien.

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AUX CHORISTES

Il est demandé la mêmes qualifications qu'aux choristes d'opéra ou de comédie musicale, avec en plus le look, la façon de bouger, de danser et de swinguer. Ils subissent le stress du travail spécifique des variétés, et doivent fournir une prestation comparable aux classiques …sauf quand il y a play-back pour eux aussi.

En règle général, les directeurs artistiques demandent de faire passer en premier l'intelligibilité du texte et la mise en place rythmique, ce qui est le contraire du lyrique et, a priori, du chant où on doit faire passer la qualité vocale AVANT le texte.

En conséquence, les difficultés vocales en variété sont nombreuses, mais n'empêchent pas pour autant de poursuivre sa carrière : Gérard Lenormand a un enrouement permanent, Sacha Distel a toujours grossi son timbre, Véronique Sanson et Julien Clerc ont un vibrato non naturel,etc.

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Voyons maintenant les pièges classiques :

La Tonalité Micro Sono

Le Timbre Le Texte

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-LA TONALITE DES MORCEAUX

Quand le chanteur débute ou quand il répète avec des accompagnateurs non professionnels, il ne sait pas définir dans quelle tonalité il faut chanter telle ou telle chanson. Il n'existe qu'une partition, dans une seule tonalité. Quand il sait ce qu'il veut, les accompagnateurs refusent parfois certaines tonalités difficiles, notamment pour les instruments transpositeurs, saxo, trompette en sib ou autres. Considérant que le chanteur n'est pas à un demi ton près, ils préfèrent par exemple sib (do pour les transpositeurs) à la ou si. Ce n'est pas acceptable.

Les critères de chant au lyrique valent pour la variété. Un baryton ne filera pas le son d'un mi3 comme un fa ou un mib. Toute voix est au summum de ses qualités dans son haut médium. Or le haut médium ne se décide pas, il se constate. Il faut donc tester toutes les tonalités possibles d'un morceau, décider la meilleure pour sa voix et ensuite IMPOSER SON CHOIX, quand bien même le pianiste trouverait 5 ou 6 bémols ou dièses à la clé. bnote.gif

-LE MICRO ET LA SONO

Chanter avec un micro NE DOIT PAS changer la façon de chanter. Et le meilleur exemple en est Yves Montand, qui a commencé avant guerre à Marseille sans micro, pour poursuivre ensuite sa carrière en usant de tous les artifices du métier, sans changer sa façon de chanter. Son professionnalisme était dû notamment à sa propension à être fâché avec la mesure et son angoisse de mal faire, ce qui ne retire rien à son talent, au contraire.

Le micro est destiné à sonoriser une salle, pas à faire croire que vous avez de la voix. Le premier principe doit être, après avoir fait une "balance" avec le sonorisateur, d'exiger qu'il ne touche plus à ses potentiomètres. Dur, dur, dur. Mais comment envisager de faire des nuances si à chaque "forte" le préposé baisse le son, et à chaque "piano" le pousse ? Folie ! Le mieux est de se mettre à 40cm du micro, PAS MOINS, et de tester les nuances à potentiomètre constant, en changeant cette distance de quelques centimètres, pas plus, sur forte ou piano. Plus près pour piano, plus loin pour forte. Tous les grands le font, parce qu'ils se font obéir à la cabine de son.

Pour la sono, inonder la salle de milliers de watt est une hérésie.La sonorisation idéale serait composée de BAS PARLEURS placés près du public, et non pas de haut parleurs crachant la mort des oreilles. Plus on sonorise fort, plus le retour sur scène devra être puissant, plus le contrôle auditif " feed back " sera difficile, et plus le chanteur risque de déstabiliser son émission vocale et sortir de scène aphone ou enroué. L'envie de sonoriser avec des milliers de watts est un phénomène social actuel dont les psychologues et les psychiatres se sont saisis. C'est de la même veine que les réalisations de films ou d'émissions musicales de TV sans un plan qui dépasse les 5 secondes.

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LE TIMBRE SENSUEL

Le summum de l'émotion du public réside dans le caractère sensuel du timbre de voix du chanteur". Piaf, Montand, Morane, Lama, chantent sur la même tessiture, celle du violoncelle, du trombone, du basse baryton ou de la mezzo. Et tout le monde veut le même résultat, quelle que soit sa tessiture propre. ! Les femmes ne pensent au départ qu'à la voix de poitrine (dans leur grave) de Celine Dion, de Whitney Huston, de Morane, de Nicole Croisille, de Barbra Streissand. Illusion, écoutez bien ces dames. Elles ont développé leur voix de tête au point de faire la jonction avec les notes de poitrine, aux environs du fa/sol3 et elles font intelligemment illusion.Enzo Enzo chante très bien sans sa voix de poitrine. La voix de poitrine est le cercueil des chanteuses de variété Plus on la développe au-dessus du sol3, plus la jonction avec la voix de tête devient difficile, voire un jour impossible (cf. Nicoletta, et dans le lyrique Viorica Cortez ou Callas). Il ne faut jamais travailler la puissance de sa voix de poitrine. Il faut aller de l'une à l'autre, développer la puissance du grave en voix de tête sur des voyelles riches, et toute la tessiture s'équilibrera. Les hommes veulent avoir un timbre viril, même s'ils sont ténors, et Dieu sait s'il y a beaucoup de ténors en variété. (F Pagny, Dave, Vigneault, Polnareff, Nino Ferrer, Cl François, Herbert Léonard, Gilbert Montagné, Francis Cabrel, Souchon, Voulzy, et même Johnny qui révèle dans son dernier disque des SI3 naturels admirables). Vouloir élargir son timbre dans son grave pour en faire un médium de baryton ne peut que générer une tension des piliers, une congestion du larynx et à terme l'enrouement, à l'image de la grenouille qui voulait…

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LE TEXTE.

L'articulation d'un texte de chanson pour le rendre intelligible peut déplacer l'émission vocale. L'appui sur des consonnes occlusives (sans son) pour rythmer le phrasé, comme P, B, D, K, T, provoque un surcroît de pression sous-glottique à l'instant T et bouscule le larynx. ON NE CHANTE PAS SUR CES CONSONNES puisqu'elles ne génèrent pas de son. Enfin, les voyelles ouvertes "è" de père, "o" de casserole, "a" de gare, ont tendance à déplacer le son en arrière, et, à forte intensité, provoquent un différentiel de pression générateur de couac selon la hauteur de la note, ou de tétanisation des cordes. Pour la diction, techniquement parlant bien sûr, il faut revenir encore et encore à Montand qui avait TOUT compris. Fut-il un jour enroué ? Ecoutez aussi Claude Nougaro, fils de baryton lyrique toulousain, magnifique musicien et auteur, dont l'articulation sur un timbre chaud et riche est un régal.

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JAZZ

(En préparation)

ROCK POP

(En préparation)

ENFANT(En préparation)