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SUS AUX PROFS ?? Mais non! ..

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Ah...les profs..., quel rôle ont-ils ?

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Ce chapitre n'a pas pour objectif de critiquer toute une profession, sinon la façon qu'ont certains de la pratiquer. Une telle démarche serait ridicule, il y a dans toutes les professions des bons et des moins bons…même chez les coiffeurs ! (réponse, pourquoi les coiffeurs ). Il est cependant nécessaire que celui qui est enroué ou en difficulté vocale comprenne que PEUT ÊTRE, cela vient de l'inadaptation de son professeur à son cas.

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Vous voulez VRAIMENT savoir ce que j'en pense, ce que NOUS pensons ? aïe !...

Alors cliquez ...
L'Ecole Française
Les Conservatoires
Les Divas
Les pianistes Profs de chant
Les petits modestes
Comment choisir SON prof

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L'ECOLE FRANCAISE

Récemment, Pierre BOUTEILLER interrogeait sur France Inter le Directeur du Met de New York : " Pourquoi n'engagez-vous pas de chanteurs français pour votre production de Carmen ? "- " Mais il n'y a PAS de chanteurs français susceptibles de le chanter, car il n'y a pas d'école de chant française de niveau international " Des établissements de formation professionnelle existent dont les études de plusieurs années sont sanctionnées par un diplôme régional ou d'Etat. Contrairement à pratiquement toutes les autres professions, le diplôme le plus élevé, du Conservatoire National de Paris, ne donne absolument aucune priorité à un engagement dans un petit Théâtre d'Opéra de province ou dans tout autre établissement.

A l'observation des résultats d'auditions, on peut affirmer que le diplôme n'a "aucune " importance. Les directeurs ou les producteurs du spectacle ne se fient qu'à leur propre oreille, et ils ont souvent raison. On peut observer que sur les artistes engagés, quel que soit le rôle qui leur sera dévolu, la moitié ont étudié leur art " en dehors " des structures nationales ou régionales. Ce n'est absolument pas le cas des violonistes, clarinettistes ou cornistes.

A contrario, de nombreux diplômés ne cherchent même pas, après le concours de fin d'année, à se mettre sur le marché professionnel. Ils accrochent le diplôme dans leur chambre et deviennent commercial, ou mère de famille.

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LES CONSERVATOIRES

La fréquentation de ces établissements, y compris des " supérieurs ", de leurs couloirs ou des salles des professeurs qui enseignent en dehors de ces conservatoires, amène à constater que les "accidentés du travail " sont légion : enrouements, laryngites chroniques, nodules, polypes, fuites sont monnaie courante. Et les écoles spécifiques professionnelles de l'Opéra de Paris et du CNIPAL de Marseille ne font pas exception.

Admettons pour leur défense qu'il y a la même proportion d'accidentés dans ces écoles que dans les autres structures de formation privées ou professeurs individuels. Mais a t-on déjà entendu dire que les clarinettistes avaient des tétanisations des doigts ou les trombonistes les lèvres blessées, en sortant de leur cours ? Il y a longtemps que les menuisiers sont formés pour ne plus se faire couper les doigts par les toupies.

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LES DIVAS

Nous ne conclurons pas pour autant que tout l'enseignement du chant est mauvais. Tel ou tels professeurs sont d'admirables enseignants. Quelle qu'ait été leur formation, leurs élèves ont un outil(larynx) en bon état, réussissent leur carrière et savent diagnostiquer leur difficulté, quand celle ci arrive. Mais peut être faut-il se poser la question des critères de qualification ou de recrutement des professeurs de ces établissements.

Pendant des décennies, un des grands critères de choix fut la carrière artistique du postulant. De grands noms lyriques, à la carrière parfois internationale, ont ainsi " sévi " dans une préretraite confortable et valorisante.

Telle orthophoniste parisienne célèbre savait quand la " Lionne Reine Diva française internationale wagnérienne " était de passage à Paris et donnait ses leçons… puisque ses élèves venaient se faire soigner ! Tel ténor international des seconds rôles a fait l'unanimité de ses élèves professionnels de Garnier sur les dangers de son enseignement.

Devrait-on en conclure que les chanteurs lyriques professionnels seraient incompétents pour transmettre leur savoir ? Certes non ! Il importe surtout de discerner " quel savoir ils ont à transmettre ".

Et le fait que nous ayons si peu de grands chanteurs internationaux peut nous amener à tenter d'en comprendre les raisons, et à définir les qualités de base nécessaires à leur qualification de grands chanteurs, et suffisantes pour leur avoir permis de faire carrière.

Continuons donc d'égrener nos informations sur ces artistes. Commençons par notre meilleur jeune ténor actuel, qui n'ose pas dire qu'il est français. Il affirme aujourd'hui n'avoir plus besoin de professeur ( ! ! Diantre !, Freni, Pavarotti ou Ghiaurov ont toujours le leur, vénéré ; Callas l'avait aussi. Lui n'en veut plus).

Et quand on connaît l'enseignement de ce vieux monsieur qui l'a formé dans sa jeunesse où tout l'aigu se situe dans le serrage des muscles fessiers… on se dit que ce n'est pas en raison de cet enseignement qu'il chante bien !) L'écoute de sa discographie depuis cinq ans permet de constater à quel point sa voix s'est élargie. De Nemorino à Alfredo, il en est maintenant à Otello et Canio à 35 ans. On courbe l'échine pour les années qui viennent.

Rappelons, pour comparaison, que Elisabeth Schwartzkopf a traîné toute sa vie le regret d'avoir UNE FOIS transgressé l'avis de son époux et manager, en chantant Butterfly, rôle qui n'était pas pour sa voix.

Tel grand baryton explique ainsi la couverture du son, pour le passage à l'aigu : je " bouchonne ", et si la note ne sort pas, je fais un grand geste. Tel autre ténor ayant représenté la France au Bolchoï ou à Vérone, n'entend pas que ses aigus sont ouverts, et va droit à l'enrouement, au point de devoir être remplacé pour Radamès.

Les exemples sont foison de gestes techniques aberrants ou d'affirmations inexactes ou non fondées chez ces grands artistes, et les médecins ORL et ortophonistes qui réparent leurs élèves peuvent en attester.

De là à conclure que pour être grand artiste lyrique français, il faut une voix d'acier, un influx nerveux sans faille et un beau timbre naturellement placé, il n'y a qu'un tout petit pas, franchi allégrement… sauf à ce qu'ils aient trouvé un bon professeur de technique dès l'origine. !

De ce fait, la plupart de nos grands chanteurs seraient plus des " artistes " que des techniciens, passant inconsciemment au travers des difficultés vocales, notamment dans les 20 premières années de leur carrière, et ceci expliquerait cela : Puisqu'ils ne seraient pas des techniciens, ils ne sauraient pas très bien enseigner ce qu'ils ne savent pas. ! ! ! D'où le distinguo à opérer entre professeur de technique vocale et professeur d'art lyrique.

Le chanteur en difficulté doit donc chercher à cataloguer son professeur : Est-ce un technicien ou un artiste… ou exceptionnellement, LES DEUX

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LES PIANISTES

Une autre catégorie de professeurs est à discerner, et à circonscrire : les PIANISTES. De nombreux pianistes sont sollicités pour faire répéter un chanteur en jouant la partie accompagnement. Par définition, le pianiste sait lire la musique, souvent mieux que le chanteur et, de ce fait, est en mesure de lui donner les indications de nuances nécessaires à l'établissement d'un lien entre la ligne de chant et certaines notes ou accords du piano, faisant ainsi d'un amas de notes…de la musique.

Fort de nombreuses expériences sur le même morceau avec des chanteurs de niveaux différents, ce pianiste est même en mesure, EN TOUTE SINCERITE, d'indiquer à celui qui bute sur une difficulté, comment un autre chanteur s'en est sorti. Ajoutez quelques poncifs sur la respiration basse et la projection du son " dans le masque ", une dizaine d'images dont le résultat est invérifiable, et notre pianiste devient professeur de chant. De grands artistes français à la carrière internationale n'ont pour tout professeur qu'un ou plus souvent UNE pianiste. Nous avons éprouvé pour certaines leur méconnaissance de la technique vocale.

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LES " PETITS "

Enfin, de nombreux chanteurs font, après des études plus ou moins poussées, une petite carrière sur scène, vivent bien ou mal leurs difficultés techniques, et puis renoncent à poursuivre cette difficile carrière artistique pleine d'embûches et de déceptions. Ils deviennent souvent professeurs de chant. Et leurs élèves ambitieux de se demander : " comment peut il (ou elle) m'aider à réussir une carrière là où il a échoué ? "

Erreur sur le rôle du professeur de chant. Demande t-on au kiné de l'équipe de France d'athlétisme d'avoir fait 9.9 aux 100 mètres pour être crédible? Les petits sont ni meilleurs, ni moindres que les pianistes ou les vedettes.

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COMMENT CHOISIR

Le bon professeur est celui qui vous fait progresser. C'est face à une difficulté que vous le jaugerez : S'il vous fait franchir l'obstacle, c'est qu'il est bon pour vous. Il peut être mauvais pour un autre, ou pour une autre difficulté. Le mieux serait que lui le sache ! A défaut, à vous de le comprendre.

Il faut admettre, pour sa défense, que l'enseignement du chant ne s'enseignait pas objectivement jusqu'à récemment, que le larynx n'est pas visible, que les muscles de la phonation ne se commandent pas directement comme le biceps, que l'air est incolore, que les scientifiques eux même se sont trompés durant des siècles sur la fabrication du son, et que les jugements qualitatifs sont subjectifs.

Le professeur idéal est bien entendu une star, possédant la technique, pianiste et francophone. Placido Domingo et Elisabeth Schwartzkopf répondent parmi d'autres à tous ces critères, mais doivent, je suppose, être chers et inaccessibles ! ! !

Depuis quelques années, le Ministère a établi un enseignement technique spécifique (D.E./C.A.) et tente d'en imposer la référence. La lecture du programme de formation est rassurante. Il y a tout, sauf que… Cela est assurément nécessaire, mais pas suffisant.

L'enseignement du chant requiert la connaissance de la pratique, sinon l'expérience. La polémique n'est pas terminée.

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VOUS ETES PROFESSEUR DE CHANT