Aïe ma voix ! ! ! VOUS ÊTES CONCERNE(E) PAR LA VOIX

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Vous êtes médecin généraliste

Faisons connaissance :

Je fréquente vos professions depuis 60 ans.
 

 

  1. Tout d'abord pour mes propres problèmes de voix qui n'ont trouvé de solution qu'il y a 30 ans.Durant les 20 ans qui ont précédé, j'ai erré de service ORL en autre service des hopitaux de la région parisienne, à la recherche de celui qui pourrait me dire ce qu'avait mon larynx..
  2. Ensuite, après avoir été bien rééduqué par madame Lya Gaches, orthophoniste phoniatre, parce que je me suis spécialisé dans la "réparation des voix", ce qui a parfois contrarié ou vexé quelques praticiens de me voir réussir (pas toujours) là où ils avaient été en difficulté, alors que je ne suis pas du corps médical.
  3. Maintenant enfin, que mon approche n'est plus considérée comme "effet placebo", et que je l'enseigne notamment aux orthophonistes qui assistent à mes stages. Mon expérience peut, peut être, vous aider à mieux cerner vos patients.

Vous êtes donc le premier maillon du corps médical à recevoir un enseignant enroué, un commercial qui n'a plus de voix en fin de semaine, un choriste amateur qui aime "tant" chanter, les parents d'un enfant dont l'enrouement chronique fait rire dans la cour de l'école, etc… Vous prescrivez en général une semaine de repos total de la voix, et cela a un premier effet immédiat : Le patient n'est plus enroué.

Si ce n'est que, entre nous soyons clairs, vous réglez la conséquence, et non la cause du dysfonctionnement, et que les patients reviendront vous voir un jour et que vous les enverrez alors voir un "spécialiste", ORL ou phoniatre.  
  Je vous suggère de lire les pages sur les pièges de la voix

. Quelques minutes d'observation de votre patient peuvent suffire pour mettre en évidence l'origine du dysfonctionnement : femme un peu " ronde " qui se boudine et coince en permanence son diaphragme en position haute, homme très grand n'assumant pas sa taille et parlant trop faiblement, jeune enseignante non aguerrie à l'adversité d'une classe d'ados, enfant immigré introverti pas aidé par l'attitude de ses parents, etc… Votre remarque pourra faire évoluer la réflexion de votre patient, l'amener à corriger ou réagir à sa difficulté, et lui éviter, peut être, d'entrer dans le cycle infernal dysfonctionnement/ lésion/ dysfonctionnement.

  Je vous suggère de lire la page sur les spécificités de la langue française et les recherches scientifiques réalisées à ce jour. Vous en serez peut être étonné !  

 

Enfin, depuis 10 ans que ce site Internet existe, plus de 3.millions de visiteurs l'ont fouillé et plus de 5.000 m'ont écrit. Je réponds à toutes les questions concernant la voix dans la mesure de mes connaissances et de mon expérience. médecins, orthophonistes et profs de chant ont coutume de me contacter quand se présente à eux un cas difficile à traiter seul. Pourquoi pas vous ? C'est GRATUIT.

 

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VOUS ETES O.R.L.

Je n'ai rien à vous enseigner sur la physiologie du larynx,vous en savez beaucoup plus que moi, mais sur le fonctionnement de la voix ......

Permettez moi de vous rappeler
 

 

  • QUE la voix est un phénomène répondant aux lois universelles de la physique et NON physiologique,phénomène en chaine pneumatique, ondulatoire et acoustique, dû au passage d'air comprimé au travers d'un sphincter, création d'une onde sonore (phénomène de Bernouilli, comme à l'arrière d'une aile d'oiseau), et enrichissement en harmoniques à l'intérieur d'une caisse de résonance.
  • QUE dans ce phénomène, l'impédance creée par la richesse harmonique est à prendre en considération. HUSSON l'a mise en évidence en 1960. Depuis, tous les auteurs y font référence, et tous les chanteurs du monde entier l'utilisent, ainsi que mon marchand de fraises à La Rochelle et l'entraineur de "rugby" de Toulouse, lesquels hurlent toute la journée sans se fatiguer. Le phoniatre Bruno Coulombeau et moi avons eu l'occasion de faire un exposé sur ce sujet au Laboratoire d'Acoustique Musicale de la Faculté de Jussieu en mai 2001. Pour en savoir plus cliquez
  • QUE dans ce phénomène, le larynx "subit" la pression sous glottique et ses variations. Il lui suffit de rester "en deçà" de ses possibilités mécaniques pour ne pas se tétaniser.
  • QUE comme tout ensemble de muscles, plus le larynx est entrainé et tonique, plus il est capable de résister à l'effort. A contrario, moins il sera entrainé, moins il sera capable d'effort, comme vos mollets. Il est même possible de tonifier un larynx sans produire un son, voyez les souffleurs de verre et porteurs de pianos ! ! C'est en pratiquant ce métier qu'Alain Fondary est devenu le meilleur baryton d'Opéra français
  • QUE il n'y a aucune relation de cause à effet entre la forte intensité sonore et l'entrée en dysfonctionnement, malgré l'idée inculquée à bien des orthophonistes à ce sujet.L'entrée en dysfonctionnement est "la mauvaise réponse donnée à une difficulté de fonctionnement" (Y Ormezzano)
  • QUE, en conséquence, il y a intérêt à ce que l'orthophoniste puisse aider son patient à
  1. Comprendre les origines de son entrée en dysfonctionnement pour n'y plus retomber
  2. Savoir tonifier les muscles de son larynx
  3. Savoir protéger le fonctionnement de sa voix à forte intensité
A l'expérience, on constate que les orthophonistes sont peu formées sur ces sujets et parfois peu aidées par une prescription médicale par trop courte. Les informer plus de vos investigations, leur décrire ce que vous avez observé du fonctionnement du larynx les aiderait dans leur rééducation. Elles n'osent peut être pas vous le demander... J'ose pour elles.

 


VOUS ETES PHONIATRE

Je livre à votre réflexion deux faits :

 

1/ Dans le siècle dernier, la plupart des chanteurs lyriques français étaient nés ou avaient passé leur enfance au sud de Bordeaux. Aucune explication ethnique ou physiologique ne l'explique. Voyez la carte J'avance depuis bien des années une explication de prononciation, donc de projection dans les résonateurs et d'impédance relative du son. Je confirme mon observation.

2/ Tous les Offices de tourisme en France constatent les difficultés de voix rencontrées par leurs guides qui parlent haut et fort dedans, dehors, par tous les temps, dans des acoustiques différentes, à des groupes d'importances inégales. Or dans le gouffre de Padirac, trente guides parlent haut et fort au dessus du bruit de la rivière souterraine, dans l'humidité et le froid toute la journée et toute la saison (d'avril à octobre) et AUCUN n'a de problème de voix. ILS SONT TOUS DU LOT avec un accent sympathique qui ne trompe pas ! ! !

Je réalise actuellement des enregistrements des babillages de bébés de 10 à 12 mois, ne parlant pas encore, mais dont la mémoire est chargée des sons qu'ils ont entendus, peut être même "in utero". Entre bébés de parents francophones et bébés russes ou anglais, il existe une différence. Et entre bébés de Lille ou Toulouse, à votre avis ? nous pourrons peut être en discuter un jour

 

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Exposé au Laboratoire d'Analyse Musicale

22 mai 2001

COUVERTURE DES SONS ET PROTECTION DU LARYNX

Christian GUERIN - Bruno COULOMBEAU

INTRODUCTION

Les professionnels dont la voix, parlée ou chantée, est un outil de travail, sollicitent en permanence leur larynx, en amplitude, en intensité et en durée : politiques, enseignants, comédiens, avocats, entraîneurs sportifs, forains, commerciaux, commerçants sur les marchés, chanteurs. Les résultats obtenus ne sont pas identiques, à conditions et circonstances égales, entre deux orateurs, deux chanteurs. Tel enseignant s'enroue dans une certaine salle alors que ses collègues n'ont pas de difficulté. Tel politique termine sa campagne électorale aphone quand son concurrent reste tonique. Tel forain hurle sans micro toute la journée rendant jaloux son voisin. S'agissant des chanteurs, il est admis de dire "untel n'a pas de bonne technique, tel autre sait chanter" . S'agissant de la voix parlée, on ne le dit pas. On n'explique pas ou peu les difficultés de l'orateur tant qu'il n'y a pas pathologie.

De nos expériences respectives, (médecin phoniatre/chanteur et chanteur professeur de technique vocale) ses sont alimentées nos discussions sur les origines de dysfonctionnements et leur thérapie réparatrice ou ré éducatrice.

Il nous est donc apparu essentiel d'observer le ou les gestes sensés protéger le larynx par éloignement du seuil de forçage , voix parlée ou chantée, afin d'éclairer nos pratiques professionnelles de constatations objectives.

THEORIE

La théorie de la protection du larynx par la couverture des sons et l'impédance ramenée, a été avancée par Husson (CNRS Le Chant - Que sais-je) il y a 40 ans :

· " Premier mécanisme protecteur : la couverture :

Ce " quelque chose " découvert en Italie au début du XIX° siècle s'appelle traditionnellement la couverture des sons ouverts, ou encore le passage des chanteurs./… Lorsque le sujet effectue la couverture d'un son ouvert sur une note de " passage ", on observe ce qui suit :

1. Les muscles crico-thyroïdiens se contractent, provoquant une bascule vers le bas et vers l'avant du cartilage thyroïde

2. Les cordes vocales sont ainsi étirées et allongées,

3. Au laryngostroboscope, on voit les cordes vocales s'allonger, devenir plus rectilignes, tandis que l'ensemble du larynx se décontracte

4. On observe à la radiographie transversale une énorme dilatation du pharynx, et parfois un abaissement du bloc laryngé.

· Second mécanisme protecteur : l'impédance ramenée

Notion acoustique d'impédance ramenée des pavillons : on exprime le fait en disant que le pavillon dont la sortie est rétrécie oppose à la propagation des ondes une impédance élevée, tandis que le pavillon (ouvert) ne lui oppose qu'une impédance faible. L'impédance apparaît ici comme une résistance de type fluide opposée à la propagation…/

…/ l'impédance ramenée sur le larynx croît dans les circonstances suivantes :

1. Lorsque l'orifice bucco-labial se rapetisse

2. Lorsque le larynx s'abaisse, ce qui allonge le pavillon

3. Lorsqu'un état résonantiel s'accroche en un point du pavillon (en général dans la cavité buccale antérieure)

4. Lorsque sur une même hauteur tonale, on émet les quatre voyelles ouvertes dans l'ordre è, a, o, eu

5. Lorsque, sur une même hauteur tonale, on passe d'une voyelle ouverte à une voyelle fermée

6. Lorsque sur une même hauteur tonale, on émet les six voyelles fermées dans l'ordre i, é, eu, u, o, ou

7. Lorsque sur une même hauteur tonale et une même voyelle, on " sombre " le son émis

8. Lorsque sur une même voyelle, on passe d'un son à un son plus aigu

9. Lorsque la réverbération du local croît

10. Enfin lorsque le voile s'abaisse, et que le son se nasalise, impédance ramenée sur le larynx croît encore, cette fois dans des proportions considérables

Dans ces conditions, le larynx se décontracte et la durée de la phase d'accolement durant chaque période décroît tandis que l'amplitude des excursions latérales des cordes vocales augmente : ce double fait traduit une chute légère du tonus d'accolement des deux CV. (*)

Rôle protecteur de l'impédance ramenée :

Les effets suivants sont remarquablement mis en évidence :

1. Facilitation des phases d'écartement glottiques

2. Agrandissement des ouvertures

3. Diminution des phases de contact

4. Epaississement léger des cordes vocales

5. Décontraction progressive de la glotte "

(*) Note des rédacteurs :

Il serait peut être intéressant d'observer un phénomène relativement similaire concernant les instruments à vent : Un instrument à son achat est considéré comme facile ou difficile à faire sonner. Les professionnels laissent les instruments faciles à leur

s élèves et recherchent les plus difficiles, notamment les concertistes, parce qu'ils leur donneront par la suite un meilleur son (les essayeurs chez Selmer ou autre marque connaissent cet engouement). Si ce n'est qu'après plusieurs années d'utilisation,

l'instrument se " vide " et au bout de 5 à 10 ans (cuivres ou bois), il est abandonné pour un neuf. La différence d'effort se sent sur les abdominaux et les lèvres (colonne d'air). La différence de son s'entend sur la richesse de timbre. Est ce de l'impédance ?

Edouard GARDE confirme ces observations en 1970 (La Voix Que Sais-je)

Guy CORNUT reprend en 1983 les observations de Husson en classant notamment le chant occidental selon les " techniques vocales à faible impédance " et les " techniques vocales à forte impédance "

Dans les voix dites " cultivées " du chant classique, il observe

· l'élargissement de la tessiture

· L'utilisation de la couverture des sons

· Une meilleure possibilité d'intensité

Sur la couverture des sons, il précise : " Au moment de la couverture du son, le larynx descend, la base de la langue est projetée vers l'avant, le voile du palais se relève de manière importante. Ces mouvements entraînent un agrandissement de la cavité laryngée dans toutes ses dimensions. "

Benoît AMY DE LA BRETEQUE (Le Chant Solal) écrit :

· Sur la couverture des sons : " … procédé visant à l'allègement de l'émission, c'est à dire diminuer l'activité du muscle vocal et augmenter celle du tenseur glottique… Elle s'accompagne d'une diminution de la contraction des interaryténoïdiens, visible par un léger écartement l'un de l'autre des aryténoïdes à leur partie haute. Il s'en suit une diminution de pression sous-glottique. Une nouvelle répartition du tonus musculaire intervenant sur la tension glottique est ainsi possible. "

· Sur l'impédance ramenée : " Dans cette force intervient la pression engendrée dans les cavités sus-glottiques : certaines structures anatomiques créent un goulet en se rapprochant, et font obstacle à l'écoulement de l'air. Elles jouent en quelque sorte

le rôle d'un GICLEUR ; elles forment ainsi un point d'appui pour le souffle… Lorsque cette pression n'est pas trop différente de la poussée expiratoire, le larynx fonctionne littéralement en IMPESANTEUR."

Geneviève HEUILLET MARTIN (Une voix pour tous Solal) apporte par trois séries d'images le plus simple rapprochement avec la pratique des chanteurs

1. Impulsion laryngée à travers les résonateurs et schématisation de l'impédance ramenée sur le larynx

2. Théorie des pavillons reprenant l'observation de Husson

3. Matérialisation des deux observations précédentes par la forme de la bouche du chanteur, de sa cavité bucco-pharyngée et de la position de son larynx

Elle précise sur le rôle de protection du larynx : " Une pression sous-glottique intense peut mettre en danger le larynx, par forçage vocal si celle-ci n'est pas compensée par une force sus-glottique en retour suffisante. "

Bernard ROUBEAU dans son travail de définition du vocabulaire (Thèse de Doctorat 1990) donne de la couverture des sons l'approche suivante :

La couverture des sons est un passage résonantiel lié à la modification de vibration des cordes vocales.

La baisse du F1 quasi générale est le témoin vraisemblable d'un allongement du tractus lié à l'abaissement du larynx par le son couvert.

Ces modifications de voyelles sont nécessaires pour obtenir l'abaissement du larynx et le guidage du F2 sous certaines harmoniques.

Le Dr Gemma GARMENDIA a réalisé pour sa thèse (ORL Analisis morfologico y vocal de la laringe para la voz cantada Universidad de Alcala 1998) une vaste investigation sur un panel de 66 chanteurs espagnols, professionnels ou étudiants. Elle conclue notamment sur la couleur de la voix ( y incluant la couverture) :

" Les auteurs semblent se mettre d'accord pour affirmer que les deux premiers formants sont les responsables de la différence de voyelles, tandis que les formants plus hauts du spectre, concrètement F3 et F4 sont responsables du timbre de voix et conditionnent la qualité de la voix. Concrètement, les formants situés au dessus de 3000Hz pour i et u, et au dessus de 2500 pour les autres voyelles n'ont aucun rôle dans la caractérisation linguistique et contribuent uniquement au timbre de voix.

Tous les auteurs cités ci-dessus limitent volontiers l'utilisation " couverture des sons/impédance ramenée " au haut médium de la voix, comme un changement de voyelle ( de couleur ?) pour faciliter le passage à l'aigu par la bascule du larynx. Peut on se satisfaire de cette acception ? N'est elle pas trop limitative ?

Vérifions :

· Enrico CARUSO chante Il pensier, il poter entre mi3, son haut médium et sol3 son aigu. Il prononce ul(couvert) peun (couvert) Sièr (ouvert) il (fermé) Po (ouvert) TA (ouvert) EU (couvert, larynx basculé ) Technique parfaite italienne aperto/coperto L'enregistrement a 90 ans environ. La couverture préparatoire en haut médium a facilité la bascule et l'aigu. Le son ouvert juste avant l'aigu a permis le relâchement des muscles avant l'effort. Sur le spectre dans le singing formant l'énergie passe de 39db son ouvert à 63db son couvert pour une même intensité sonore audible.

· Ettore BASTIANINI chante en 1960 " ella trara il pugnale, dallo sleal tuo core, delle lagrime mie " première phrase couverte, deuxième phrase ouverte, troisième phrase " delle lagri " couvert, " me " ouvert, " Mie " couvert avec bascule du larynx sur

fa#3 Même geste, même technique que Caruso. Sur le spectrogramme on observe sur le son ouvert un F1 plus énergique (60) que sur le F2 de la voyelle (50). Sur le son couvert, l'énergie se transporte dans le singing formant (50 à 56db), plus que sur la fréquence fondamentale (44)

· Barbra HENDRICKS chante tout couvert " Vilja was tust du mir an " sauf le dernier son " an "qui est ouvert. Sur le spectre, l'énergie dans son Singing formant tombe de 46db à24 db entre son couvert et son ouvert

Mais cette technique de la couverture n'est pas utilisée que dans l'aigu. et dans ce geste, l'intelligibilité de la voyelle chantée n'est surtout pas la priorité. Il est constant de dire : " Un chanteur, instrument à vent par excellence, doit conserver so

n timbre, sur toute sa tessiture. Puis il tentera de rendre intelligible le texte qu'il chante, mais certainement pas au détriment de sa qualité instrumentale ". De ce fait, nous ne nous attacherons pas à mettre en avant le formant vocalique, mais plutôt

le formant " extra vocalique ".

· Maria CALLAS chante " chi sa di non aver pecato " tout couvert dans son grave (ut#3 mi) en mécanisme I . L'énergie est là encore intensifiée dans le singing formant.

· Nicolaï GHIAUROV chante " Dunque il trono piegar dovra sempre al'altare ". Il couvre sur toute l'étendue de sa tessiture, du fa3 au fa1 en prononçant :Dunque il trA-O (ô) no piegar dovra sEUmpre al'altarEU. Dans ses extrêmes, fa3 et fa1 son singing formant est plus énergique que le son fondamental (59 pour 52 et 40 pour 38)

· Le même dans son récitatif : " ah la pieta… d'adultero consorte) il donne à 4 " a " successifs des couleurs différentes.

1. " Ah " timbré sans impédance

2. " la " détimbré

3. " pieTA " couvert (ta-o) à forte impédance

4. " d'A " moins couvert et moins d'impédance (son droit)

On remarquera que si les fondamentaux et premiers formants bougent guère, il n'en est pas de même du S.F.

· Maarti TALVELLA chante " Allor son io ch'a voi parlero Sire " sur un mi2 puis mi1. Sur la première phrase, il est au milieu de sa tessiture, le son est large. Dans la deuxième phrase, il place le son dans son résonateur avant (si) et conserve la même p

rojection sur le mi1 en couvrant (REU). Même observation sur le spectre. Avec un fondamental à 82 Htz et 26 dB, il conserve 41dB à 2000 Hz.

Elle n'est pas non plus utilisée que par les chanteurs lyriques :

· Yves MONTAND chante " quand on s'ballade " qu'il prononce balla ouvert, dEU couvert. L'intensité sonore n'est pas comparable aux chanteurs lyriques. Le résultat sur le spectre est donc plus difficile à interpréter, mais le geste est identique

· Ella FITZGERALD chante " when you're in my arms, and i feell you so close to me ", elle prononce arms A-EURMS , close CLO-OUSE et me MI-U

· Franck SINATRA chante " and old man river " Il prononce O-OULD

La liste est sans fin.

La couverture des sons peut donc se faire chez le chanteur sur toute sa tessiture, sauf à ce qu'on appelle ce geste autrement, assombrissement de la voyelle ou augmentation d'impédance. Si on s'en tient en effet à la définition de la couverture : " modification de la voyelle par une voyelle supérieure dans le triangle vocalique ", nous observons que en termes de chanteur :

· On peut aller d'une voyelle ouverte vers une voyelle supérieure dans le triangle vocalique sans couvrir le son, sans changer les autres paramètres de hauteur et d'intensité du son

· On peut en termes de chanteur " couvrir " une voyelle sans la changer et obtenir ainsi le résultat technique et acoustique souhaité

· On peut chanter une voyelle fermée " ouvert ou couvert " à volonté

· On peut réaliser tous ces gestes dans le grave comme dans l'aigu et à intensité différentes

En fait, c'est le terme de couverture qui semble incomplet en technique vocale, tout du moins dès qu'on y allie l'intensité sonore et le timbre. On doit alors y adjoindre les notions d'impédance et d'assombrissement de voyelle :

Le geste de technique vocale appelé " couverture des sons " sert à maîtriser notamment par ses muscles abdominaux et les muscles de la face le flux vocal, le phrasé, les nuances, les intervalles et sa réserve de souffle. Il implique en permanence une adaptation de la PSG et des cavités de résonance selon la hauteur de la note à atteindre, l'intervalle à franchir, la voyelle à prononcer, la distance plus ou moins proche d'une difficulté à franchir, aigu, trille, trait, appoggiature, nuance.

En fait, le chanteur gère sa ligne de chant avec deux " manettes " et deux " indicateurs de contrôle " en faisant référence à deux termes techniques, la couverture des sons et l'appui :

· les muscles abdominaux (et les côtes) pour maîtriser le flux d'air pressurisé sous glottique et le contrôle des sensations physiques de pression sur la masse viscérale, la poitrine, le cou (sensation de colonne d'air, d'appui)

· l'ensemble lèvres, joues, langue, palais pour fabriquer les voyelles par des sons ouverts ou couverts et leur contrôle par l'oreille, interne et externe (feed back, retour acoustique)

(*)

· On va d'une voyelle ouverte à une voyelle supérieure dite plus fermée de deux façons

1. Son ouvert à condition d'obtenir une impédance faible par l'abaissement de la pression sous glottique et éventuellement le déplacement du son vers l'arrière par le recul de la commissure des lèvres

2. Son couvert à condition de maintenir ou augmenter la PSG ce qui augmente l'impédance sans modifier la résonance

· On va couvrir la même voyelle ouverte ou fermée à condition de la sombrer et de s'assurer d'une position basse du larynx afin d'obtenir une impédance forte

· On va chanter une voyelle fermée de deux façons :

1. Son ouvert en baissant la PSG, en laissant le larynx remonter, le voile du palais se baisser, et le son se faire plus en arrière (voix mixte)

2. Son couvert à condition de maintenir ou augmenter la PSG ce qui augmente l'impédance

VOIX CHANTEE OU PARLEE : MÊME TECHNIQUE

Tous les auteurs cités plus haut conviennent de considérer qu'il n'y a pas de différence de fonctionnement entre la voix chantée et la voix parlée. Tout juste une différence de dimension, et encore… S'agissant de la voix parlée à forte intensité, le geste de couverture est le même chez les bons orateurs qui ne fatiguent pas leur voix. Exemple ?

· Cl ABELANSKI comédien déclame comme un ténor montant jusqu'au si3 en mécanisme I et si4 en mécanisme II. Il ne sait pas couvrir ses sons mais la projection dans les résonateurs est telle (naturelle, acquise ?) que ses harmoniques de 1500 à 2500 sont renforcées (de 51 à 62 dB) supérieures à son fondamental, comme un chanteur. Son intensité sonore s'accentuant sur des voyelles fermées (ON, U, OU, AN, camiON, circUle rOUtes ou nasales AN de France) l'impédance ramenée se crée et se maintient durant la phrase, protégeant le fonctionnement du larynx et permettant la très forte intensité.

· Dans une seconde phrase, " la France entière est paralysée, le 1°Ministre est obligé de négocier ", son sF est supérieur au fondamental (58 à 62 pour 44)

· Mme ATIKA comédienne crie à la limite du forçage : sur la phrase " expliquez lui que je vais le descendre ", les voyelles fermées (é, u i, é an) permettent la forte impédance sur un fa4 et la très forte intensité, même si dans les son ouverts on l'entend s'approcher du forçage. Sur le spectre, la projection dans le singing formant est évidente et énergique.

· Gérard JUGNOT comédien hurle en ténor qu'il est, en mécanisme I sur des contre ré et mib4 ( ! ! !) que Pavarotti lui envierait. Sur son spectre, l'énergie de ses harmoniques entre 2000 et 3500 (54 à 63db) dépasse son fondamental (48db)

Il nous semble, à l'observation de ces différents sons, parlés, criés ou chantés que la technique vocale acoustiquement efficace consiste en une projection des sons dans les résonateurs de façon à obtenir un renforcement des harmoniques situées entre 2000 et 4000 Hz, communément appelées " singing formant. Cette technique requiert notamment une position basse du larynx et une certaine position de la bouche (heuillet martin) facilitant l'utilisation du résonateur buccal. Guy Cornut à ce sujet rappelle les observations de Sundberg, Vennard, Husson et JC Lafon sur " l'importance de la cavité située immédiatement au dessus des cordes vocales qui a certainement une grande influence sur la vibration laryngée. Cette observation est confirmée par l'exposé récent de mesdames Sophie Quatrocchi et Claire Pillot sur les cavités piriformes facilitant le singing formant.

Peut on pour autant affirmer le rôle protecteur du fonctionnement du larynx qu'apporte la pratique des sons couverts, sombrés ou à forte impédance à forte intensité ?

A titre indicatif, observons trois sons de voix dites " mal placées ".

· Fanny A. comédienne au large sourire. Ses consonnes semblent plus énergiques que ses voyelles. Son texte est donc intelligible, mais ses possibilités d'intensité sont réduites.

· B. CHEVALLIER chanteur en difficulté vocale. Il parvient à donner de l'intensité à sa voix, mais au prix d'un engorgement fatiguant

· Hélène G. ne parvient pas à changer d'intensité sur le même son . Toute son énergie se cantonne à 1000 Hz.

EXPERIMENTATION

Nous avons donc procédé à une série d'enregistrements de sons et electroglottographes au Cabinet Cornut-Coulombeau de Lyon. Le document ci après en fait l'analyse.

Travail préliminaire - Analyse des résultats

Dans un premier temps, l'expérimentation menée au cabinet a eu pour but d'étudier le fonctionnement du larynx de plusieurs sujets, en essayant de déterminer les modifications survenant lors de la couverture des sons émis.

Matériel et méthode

Cinq chanteurs ont été enregistrés grâce à la station d'analyse vocale EVA2, fabriquée par le constructeur SqLAB (Aix en Provence), couplée au Glottal Frequency Analyzer de KITZING.

Parmi ces sujets trois sont des chanteurs professionnels ayant une bonne expérience de l'approche de la couverture des sons, deux sont chanteurs semi-professionnels, en recherche et/ou difficulté vocale.

Pour chacun de ces chanteurs ont été réalisés plusieurs enregistrements de différentes voyelles (/a/, /Î/, /o/), son ouvert - son couvert, à hauteurs et intensités différentes. Lors de ces émissions, étaient réalisées des mesures simultanées acoustiques et électroglottographiques, grâce à l'application EGG assessement développée par la société SqLAB.

Le traitement des signaux recueillis a été assuré grâce à l'application EGG assessment et au logiciel Phonédit, également développé par SqLAB. Le signal électroglottographique recueilli se présente sous la forme d'une onde à modulation rapide, synchrone avec le cycle d'ouverture et de fermeture des cordes vocales. La partie inférieure de l'onde représente l'état ouvert des cordes vocales, alors que la partie supérieure correspond à la fermeture glottique. La détermination du passage glotte ouverte - glotte fermée est basée sur les expériences de Scherer, Vail et Rockwell (1993). Un seuil de 25 à 35% de l'amplitude du signal EGG est proposé pour déterminer le niveau de passage de l'état de glotte ouverte à glotte fermée. On peut ainsi calculer le quotient

de fermeture, rapport de la durée de la phase de fermeture sur la durée du cycle complet (valeurs normales usuellement retenues 0.4 à 0.6).

Des traitements sonagraphiques ont enfin été appliqués grâce à Phonédit, afin de détecter d'éventuelles modifications de la répartition énergétique dans le spectre acoustique.

Résultats

1. Electroglotogramme

Plusieurs échantillons sons ouverts - sons couverts ont été enregistrés chez les trois chanteurs professionnels. Nous avons retenu ceux pour lesquels on obtenait une relative stabilité en fréquence et en intensité du son émis. Les 9 enregistrements sélectionnés sont représentés en figure I. Le coefficient de fermeture est mesuré, en moyenne, sur une portion stable de 50 ms du signal EGG. Il est mesuré pour le son ouvert et le son couvert immédiatement sucessif.

Quelques remarques peuvent être proposées :

- le coefficient de fermeture semble d'une façon générale plus bas chez les femmes que chez le sujet masculin, ce qui pourrait être lié au mode d'émission (mécanisme I chez l'homme, II chez les femmes).

- le coefficient de fermeture sur les sons couverts semble d'une façon générale supérieur à celui mesuré sur les sons ouverts, et ceci que l'on choisisse un seuil à 25 ou 35%. Cette différence apparaît nettement significative, mais plusieurs biais peuvent être opposés.

- des remarques similaires peuvent être émises si l'on prend en compte, non pas des mesures sur des portions de 50 ms, mais la portion la plus large du signal disponible du signal EGG.

- les vitesses d'accolement et d'écartement des cordes vocales semblent se modifier lors de la couverture du son, notamment la pente dans le début de la phase de fermeture (fermeture plus rapide ?).

- ces modifications du quotient de fermeture semblent intervenir tant à forte qu'à faible intensité, mais également pour des fréquences étagées le long de l'ambitus de la voix (p.e. Christian, à presque une octave d'écart Mi2 - Mi 3 <=> gncx0010 - gncx000

7).

- concernant les 2 chanteurs semi-professionnels, ces aspects n'ont pu être observés, pour des raisons techniques (saturation du signal EGG) ayant empêché les mesures, ou parce que la variation intervenait en sens inverse (diminution du QF lors de la tentative de couverture).

2. Etude sonagraphique

L'interprétation des sonagrammes n'a pas été 'poussée' dans cette étude préliminaire. Cependant, il semble que l'on observe, lors du passage d'un son ouvert à un son couvert, une augmentation du niveau moyen d'énergie acoustique dans la zone 2000 - 3500 Hz, correspondant au premier formant extra-vocalique.

Discussion

Il semble un peu précoce d'émettre des déductions à partir de ces observations, ce d'autant que l'étude n'est pas sans prêter le dos à la critique :

- petit nombre de chanteurs 'testés', la sélection de plusieurs échantillons par chanteur introduisant un biais si l'on admet qu'un même chanteur sera volontiers 'reproductible' avec lui-même.

- difficulté par moments de maintenir constantes fréquence et intensité (-> modification du tracé EGG).

- modifications de voyelles allant parfois au delà du 'simple' assombrissement observé dans la couverture d'un son (-> modification du spectre sonagraphique).

Cependant, il apparaît que le geste de couverture du son réalisé par un chanteur confirmé vienne interagir sur les modalités vibratoires laryngées, ce chez l'homme comme chez la femme et à des fréquences correspondant au médium de la tessiture comme dans sa partie aiguë.

Christian GUERIN