Copyright
1998 |
LA VOIX ET LES ORTHOPHONISTES |
|
Mise au point déontologique N'ayant fait aucune étude de médecine ou d'orthophonie, je ne saurais accepter ou proposer à toute personne de : " … prévenir, évaluer et prendre en charge, aussi précocement que possible, par des actes de rééducation constituant un traitement, les troubles de la voix, " ainsi que l'a défini le législateur dans le Décret no 2002-721 du 2 mai 2002. Je ne l'ai jamais fait. Je ne le ferai jamais. Par contre, comme tout professeur de chant ou de technique vocale, j'ai dit à bien des personnes : " Faites ceci, ne faites pas cela, ouvrez la bouche, baissez le menton, avancez les lèvres, souriez, ne souriez pas, relâchez votre ventre, etc. ". J'ai même eu à le dire à des centaines d'orthophonistes pour placer leur timbre de voix, et former ainsi leur oreille au pouvoir séparateur, condition indispensable pour une rééducation, ainsi que l'a écrit mademoiselle Claire Dinville. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Ci dessous : - Les stages de formation des orthophonistes à la rééducation de la voix en 2010 : BORDEAUX LILLE AULNAY BREST PARIS NANTES - Appréciations des orthophoniste après les stages - Mon avis sur les erreurs de rééducation - Conférence sur : De l'intérêt d'une technique vocale - Conférence du dr Coulombeau Phoniatre : les professionnels de la voix L'Association LA VOIX est Organisme de Formation Professionnelle Continue. Nous animons des Stages de formation à la rééducation de la voix. Nous fournissons aux stagiaires matériel, brochure, liste d'exercices, cd Rom pour appliquer aux patients une" METHODE" pour leur transmettre une "TECHIQUE" vocale leur permettant de maitriser totalement la gestion de leur voix. SERVICE APRES VENTE ! ! J'assiste confidentiellement et gratuitement tous les orthophonistes qui me le demandent (et ils sont nombreux et réguliers) pour un diagnostic ou une rééducation difficile Les premiers stages ont été animés par les médecins Guy CORNUT et Bruno COULOMBEAU spécialistes de la voix. Depuis dix ans, j'ai formé plus de 800 orthophonistes à Lille, Nantes, Dijon, Tours, Poitiers, Lyon, Grenoble, Marseille, Cannes, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, la Martinique, la Réunion et bien entendu Paris. Tous les ans je reçois à Aulnay et à Nantes en stage 2° niveau de perfectionnement des orthophonistes ayant déjà suivi le premier stage. Enfin je fais des "Piqûres de rappel" 3° NIVEAU aux orthophonistes ayant suivi mes deux niveaux et qui me le demandent. EN 2010 :
PRIX 490 € Etalement sur simple demande sur plusieurs mois |
||||||||||||||||||||||||||||||
|
Formations 1°
niveau
|
|||
|
Marseille |
Samedis 15 et 22 janvier | 2 samedis espacés d'une semaine | |
|
Montpellier
|
Samedis 29 janvier et 5 février
|
de 9h à 13h et de 14h à 18h | |
|
Mons Belgique
|
7/22 et 23 février |
" " "
|
|
|
Lyon
|
Samedis 19 et 26 mars |
" " "
|
|
|
Lille
|
Samedis 10 et 17 septembre |
" " "
|
|
|
Paris
|
Samedis 8 et 15 octobre |
" " "
|
|
|
Paris
|
Samedis 5 et 12 Novembre |
" " "
|
|
|
Nantes
|
Samedis 18 et 26 Novembre |
" " "
|
|
|
Formation 2°
Niveau
|
Aulnay
|
Du 18 au 22 Juillet | 5 journées de suite 9h/12h30/14h/18h |
|
Nantes
|
Du 22 au 26 Août | 5 journées de suite 9h/12h30/14h/18h | |
|
Rééducation
|
Montpellier
|
12/13/19/20 Février | 2 week ends de 9h à 18h |
|
des Chanteurs
|
Paris
|
5/6/12/13 Mars |
" " "
|
|
Toulouse
|
2/3/9/10 Avril |
" " "
|
|
|
Aulnay
|
Du 25 au 29 Juillet | 5 journées de suite 9h/12h30/14h/18h | |
|
Lille
|
24/25 septembre 1/2 octobre | 2 week ends de 9h à 18h | |
|
Nantes
|
Du 24 au 28 Octobre | 5 journées de suite 9h/12h30/14h/18h |
Le programme des formations pour rééduquer les chanteurs : Cliquez
|
OBJECTIFS : Permettre au praticien de
Formation théorique et approfondissement pratique (écoutes de sons, placement de la voix du praticien, exercices) sur 4 demi-journées soit deux journées completes séparées d'une semaine, afin de confronter l'acquis théorique à la pratique avec le patient. |
![]()
PROGRAMME
|
1° 1/2 JOURNEE
· Les mécanismes Fry, I, II, sifflet Les registres Exercices
· Les erreurs de Fondamental Usuel /les tessitures Test de tessiture et mécanismes des stagiaires |
· La projection du son Exercices Placement de la voix de chaque stagiaire |
|
· L'emphase Exercices initiation au logiciel VOCALAB Recherche de tessiture de chaque stagiaire Exercices de chant
|
|
Je suis amené régulièrement à répondre à des personnes sortant déçues des résultats de plusieurs mois de rééducation par orthophoniste. Quantitativement, bien entendu, c'est très peu comparé aux millions d'actes que peuvent faire les quelques dix mille orthophonistes français.D'autre part, nombre d'orthophonistes sont saturés de travail AUTRE que la rééducation de la voix. Rares même sont ceux qui s'y intéressent réellement, alors qu'ils sont cdonsiderés par le corps médical comme le seul partenaire de rééducation.
J'observe pourtant chez mes interlocuteurs rééduqués des composantes constantes qui m'amènent à avancer plusieurs hypothèses :
n°1:" C'est à partir d'un diagnostic erroné et donc sur des prescriptions imprécises sinon hors sujet que certains des patients auraient été amenés à subir des actes de rééducation inadaptés. Ils constatent même se retrouver à la suite de la rééducation dans la situation de dysfonctionnement pour lequel ils avaient consulté ! ! !"
On aurait soigné la conséquence, et pas la cause. Il semble que le fondamental usuel (F.U. note sur laquelle le patient parle habituellement) qu'observe le praticien soit souvent pris pour acquis dans le cas de mes interlocuteurs. Or cette note sur laquelle le patient parle (mal) peut être non spontanée, et dans certains cas avoir été " choisie " par le patient. Et c'est le choix de cette note l'origine du trouble fonctionnel.
Un exemple : -De très nombreuses Antillaises, notamment " en commune ", parlent sur un FU en dessous de leur tessiture normale, et très en dessous des observations des professeurs Le Huche, Cornut ou Amy de la Bretèque dans leurs livres. En conséquence, nombreuses sont celles qui ont des difficultés vocales.
- La raison de cette situation ? C'est madame Edda Pierre, mère de notre cantatrice internationale et ancien professeur de chant qui me l'a expliquée : les femmes sont presque toutes " chef de famille ", les pères étant soit partis, soit multiples, soit ailleurs. Et c'est donc, pensent elles, à elles de représenter l'autorité par une voix " mâle ". Dès la cour de l'école, elles recherchent la voix grave de poitrine idéale, et se moquent de celle qui n'y parvient pas. Les images idéalisées de Celine Dion, Lara Fabian ou Edith Piaf toutes chanteuses en voix de poitrine, vont malheureusement dans ce sens.
En conséquence, se fier au FU de ces femmes pour les rééduquer serait un leurre. Il conviendra d'amener celles dont le larynx ne peut supporter un tel fonctionnement éloigné de leur véritable tessiture, à accepter "socialement" de changer la hauteur de leur voix. Et alors, tout se remettra en place naturellement.
Il existe le même phénomène ailleurs et notamment pour certains hommes. Les chorales disent manquer de ténors. Ce serait une erreur de croire qu'ils n'existent pas. Etre ténor ne se décide pas mais se constate. Dans les pupitres de basses il y a de nombreux ténors qui s'ignorent.
Dans la voix parlée, l'erreur est identique. Rares sont les ténors qui acceptent leur voix conversationnelle. Dès l'adolescence, ils cherchent donc à la descendre et parlent le plus grave possible. Leur voix peut faire rire les copains et, pensent ils, fuir les filles. Ils recherchent une voix plus mâle. Projeter sa voix hors tessiture est générateur de forçage.Il y a une différence énorme entre les possibilités de projection à forte intensité sur le haut médium et celles du FU. Le forçage mène au dysfonctionnement. Si le praticien admet ce FU sur lequel son patient lui parle comme normal, le diagnostic sera erroné, et la rééducation de l'orthophoniste inadaptée.
Les corps médical en général et les orthophonistes en particulier ne devrait pas s'exonérer, à mon avis, de chercher la tessiture TOTALE du patient pour classer le F.U. apparent comme dans la norme ou hors norme. Il faut dire que si le praticien s'appuie pour ce faire sur les certaines affirmations trouvées dans les livres de médecine, il n'est pas sorti de ses erreurs!…! ! mais cela sera le sujet d'un prochain billet du mois.
Lors des journées " LES VOIX D'AULNAY" d'avril 2000, le Docteur Buno COULOMBEAU, phoniatre au Cabinet CORNUT/COULOMBEAU de Lyon, a donné une conférence sur " les dysfonctionnements professionels de la voix". Vous en trouverez le texte ci dessous en cliquant ici
Pour ma part j'ai exposé aux orthophonistes et médecins présents l'état de rapprochement des connaissances entre nos deux professions. VOICI MON TEXTE :
![]()
TROIS OBSERVATIONS PRELIMINAIRES
1/ LES GRANDES VOIX
|
De tous temps des orateurs ou des chanteurs ont su et pu parler haut , fort, longtemps, tout le temps, toute leur carrière, d'une voix forte et tonique, sans jamais s'abîmer la voix, qu'ils soient marchand de poisson ou de journaux, avocat, orateur politique, comédien de théâtre ou chanteur d'Opéra. A côté d'eux et dans les mêmes circonstances, d'autres personnes ressortaient aphones d'avoir tenté de faire la même chose. La sonorisation électro-acoustique des salles, prétoires et amphithéâtres a permis aux voix légères d'accéder au discours, mais les grandes voix toniques existent toujours. Quelle différence existe t'il entre ces deux catégories d'individus ? |
2/ LA FRANCOPHONIE
|
La Francophonie est le contexte social où il y a le MOINS de bons chanteurs de musique dite occidentale, qu'ils soient lyriques, de variétés , de chorales ou chœurs lyriques. Il y a certes des explications sociales et culturelles pour la France, notamment la désaffection de l'enseignement de la musique à l'école. Mais depuis un demi siècle, on a multiplié par 10 les orchestres régionaux, les conservatoires sont saturés et produisent des milliers de bons violonistes ou clarinettistes mais pas ou peu de chanteurs. De nombreux chanteurs professionnels ne sortent pas des conservatoires, et de nombreux Prix de Conservatoires affichent le diplôme dans leur séjour et vont exercer un autre métier ! ! Pour avoir fréquenté et même " pratiqué " en tant que disciple plusieurs grands artistes français à la carrière internationale (Scala de Milan, Métropolitan de New York, Covent Garden de Londres, Bolchoï de Moscou et la fréquentation de chefs comme Karajan ou Lombard) j'ai été pour le moins surpris de constater à quel point ils méconnaissaient le fonctionnement de leur voix, pratiquaient des méthodes de prophylaxie dignes de leur arrière grand mère, et j'ai noté que , inconscients des obstacles au dessus desquels leur don les faisait passer, ils étaient incapables d'enseigner une technique vocale qu'en fait ils n'avaient pas acquise. On ne peut opposer de critères ethniques vis à vis de nos voisins et cousins italiens, espagnols ou allemands. On ne peut pas opposer de critères raciaux. Les chanteurs noirs américains sont parmi les meilleurs, qu'ils soient de jazz, variétés ou lyriques, et si le fait d'être noir avait été un critère de qualité vocale (comme c'est le cas en athlétisme), l'Afrique regorgerait de grands chanteurs, ce qui n'est pas le cas. La réponse est donc ailleurs. J'avance un axe de réflexion lequel s'appuie sur les observations notamment de Husson et Tomatis : Le français est une langue harmoniquement pauvre, sans accent tonique et avec peu de diphtongues se fermant sur les résonateurs postérieurs (poète, lièvre, ) a contrario des italiens et américains ramenant tout sur les résonateurs antérieurs (e-i a-i ). |
(Figure1).
|
Or l'accent tonique est une gymnastique de projection du son par augmentation de la pression sous-glottique, et la diphtongue est un balayage du son dans les résonateurs, venant insérer notamment des voyelles ouvertes dans les résonateurs antérieurs Je n'en veux pour contre-exemple que le français prononcé par les toulousains avec " accent toniqueu régionaleu " et diphtongue systématique dans les résonateurs antérieurs du " ing " chers au Dr Amy de la Bretèque, ce qui fait des toulousains des chanteurs exceptionnels. 3/ LE PHENOMENE SOCIAL DU BRUIT Les conditions d'utilisation de la voix ont beaucoup changé depuis 100 ans. Dans les campagnes, on s'interpellait à " tout bout de champs " , d'une maison à l'autre, sur la place publique ou le champs de foire et sans crainte. Le bruit est devenu aujourd'hui insupportable et inadmissible. La vie citadine, la promiscuité dans les voitures et les contacts physiques subis et non acceptés dans les transports en commun, la sensibilisation à l'agression du bruit, autant de phénomènes qui limitent la projection de la voix et inhibent bien des personnes pudiques, réservées ou timides. La pratique du téléphone ne fait que diminuer la projection du son dans les résonateurs. L'éducation nationale constate une augmentation du nombre d'enseignants en difficulté vocale, passagère, périodique ou chronique, parfois même aiguës au point de voir les enseignants renoncer à l'exercice de leur profession. Or la voix est un " outil de travail " pour l'enseignant. Des commissions de réflexion se sont instaurées sous agrément de la DDASS dans diverses Académies régionales, animées par des médecins. Le Ministre de l'Education Nationale a chargé un de ses enseignants (en mathématiques) de créer un CDROM pour former des formateurs à la formation de la voix. Cinq ans se sont écoulés, le projet avance, Actuellement certains enseignants en difficulté vocale se sentent toujours aussi perdus, qu'ils se tournent vers la médecine ou vers leurs organismes de formation qui refuse de financer des stages de formation à la technique vocale. Je ne suis pas médecin, orthophoniste ou scientifique : je suis un ancien malade porteur à 20 ans, de doubles nodules, à une époque à laquelle on n'opérait pas et où le métier d'orthophoniste n'existait pas. De 25 à 40 ans, j'ai erré 15 ans de Services hospitaliers ORL en médecins intitulés professeurs de chant. Rééduqué à 40 par une excellente orthophoniste madame GACHES, devenu chanteur d'Opéra après avoir subi les affirmations contradictoires de 18 professeurs de chant dont, je l'ai dit, de très grands, professeur de chant moi même puis professeur de technique vocale en Conservatoire, je me suis spécialisé dans la rééducation. Mon éclairage pourrait parfois sembler subjectif , je ne maîtrise pas aisément le vocabulaire médical ou scientifique car ce n'est pas ma formation : je précise simplement que l'intérêt que je poursuis est , comme vous, la santé de la voix de nos patients. |
Ci dessous l'avis de plusieurs stagiaires orthophonistes :
" Il y avait un " Avant ", il y aura un " Après " ce stage Bordeaux "
Avec ces bases, j'entreprends des rééducations sans appréhension Marseille
" J'ai pu appliquer sur moi notamment la tonification du larynx.
Ce stage m'a passionnée Nantes
" Excellente formation, claire, précise et professionnelle, grâce aux exercices pratiqués sur ma voix au cours du stage. Paris
" Stage très enrichissant qui donne envie de prendre en charge davantage les rééducations vocales Versailles
" Ce stage pratique avec expérimentation sur soi m'a permis de comprendre et mieux appliquer sur mes patients Lyon
" Technique intéressante, mise en application et vérifiée sur mes patients dysphoniques.
Cette " formation de l'oreille du praticien " serait à transmettre aux étudiants. Tours
" Exploration complète et fine du geste vocal. Toulouse
" Ce stage a été très clair, explicite et dynamique et j'y suis retournée chaque jour avec grand plaisir et intérêt. Marseille
" Résultats obtenus chez des patients dès le premier mois Bordeaux
" Stage dynamique et vivant où on ne s'ennuie pas un instant Cannes
" Quelle remise en cause de nos connaissances du passé ! Poitiers
Résultat statistiques : Amélioration de la méthode de rééducation : 95%,
Placement du son dans les résonateurs : 89%,
Phonation sans effort : 85%,
Amélioration de l'acuité de l'oreille : 85%,
Tonification du larynx 75%
Je me réfère aux derniers ouvrages respectivement de Benoît Amy de la Bretèque et Geneviève Heuillet-Martin, médecins ORL spécialisés en phoniatrie, et qui ont la particularité de chanter en amateurs et d'avoir exercé au Centre National d'Insertion Professionnelle des Artistes Lyriques (CNIPAL) à Marseille.
FIGURE 2
La production d'un son requiert TROIS composantes :
1. Une énergie sous forme d'air comprimé sous la glotte
2. Un son fondamental produit au passage des cordes vocales
3. Des cavités de résonance provoquant la productions d'harmoniques.
" Précisons d'emblée qu'entre ces trois étages s'installe un équilibre de pressions :
- pression sous glottique
- pression de fermeture des cordes vocales
- pression en retour des résonateurs (impédance rapportée) " G.H.M.
" …On peut donc raisonnablement supposer que l'équilibre recherché est atteint quand la pression SUS glottique est d'un ordre de grandeur comparable à la pression SOUS glottique au même moment…. C'est la pression ACOUSTIQUE en retour sur le larynx, dénommée impédance ramenée par Raoul HUSSON. " B.A D.L.B.
Je poursuis et précise la réflexion de ces médecins :
Dans ces conditions de fonctionnement d'impédance, ils observent le bon comportement protégé du larynx et je rajoute :
QUELLE QUE SOIT L'INTENSITE SONORE RECHERCHEE, Y COMPRIS LA TRES FORTE INTENSITE
Ce qui a pour corollaire : Dès que l'on sort de cet équilibre de pressions contradictoires, la protection de fonctionnement n'étant plus acquise, on entre dans la zone de risque de forçage.
EN EFFET
Dès que l'orateur voudra augmenter son intensité, en augmentant sa pression sous glottique,
- soit il augmente son impédance, et son larynx continuera de fonctionner en toute orthodoxie sous ce régime " protégé "
- soit il n'augmente pas son impédance, et c'est le larynx qui va devoir résister seul à l'augmentation de pression sous glottique en se tétanisant un peu plus, se rapprochant ainsi du processus de forçage.
Je n'irai pas plus loin dans l'analyse scientifique du fonctionnement d'une voix. C'est en effet avec ces trois paramètres que le monde du spectacle croyait savoir depuis le siècle dernier que fonctionnait une voix à forte intensité.
La prise en compte par le corps médical du troisième paramètre de l'impédance rapportée dans l'équilibre de fonctionnement d'un larynx rapproche désormais nos éclairages respectifs de la rééducation de la voix.
PRECISION SUR L'IMPEDANCE RAPPORTEE
L'impédance est une résistance à la propagation du son et à la sortie de l'air, décrite par Husson (CNRS) dès 1960. En se référant à la théorie des pavillons de Rocard
(figure3) Geneviève Heuillet-Martin décrit le geste du chanteur pour permettre une forte intensité de son :
figure 4
Bouche ouverte verticalement
Langue étalée au plancher
Larynx bas en souplesse
voile du palais haut
Cette position permet la " couverture " des sons, et leur enrichissement en harmoniques " extra vocaliques ".
Figure 5
MAIS Qui sait reconnaître un son ouvert d'un son couvert ? La langue française ne forme pas notre oreille au discernement fin de ces différences dont le résultat est déterminant pour la santé du larynx. (ex : ma mère, des pâtes)
Mais ce geste de phonation n'est pas l'apanage des chanteurs. Il est le même chez les orateurs.
On observe le même phénomène acoustique dans les langues dites " riches " à fort accent tonique et pléthore de diphtongues, comme l'italien, espagnol, russe, américain (comme par hasard ? pays de chanteurs), mais aussi, je le répète, dans le pays basque et la région de Toulouse (chanteurs) où l'on fait reBONNdir le SONG
L'oreille francophone habituée aux phonèmes mono-vocaliques ne distingue donc pas d'emblée la couverture des sons. La prononciation " pauvre ", sans bon accent des langues étrangères par les français en serait une manifestation.
On pourrait donc avancer, en suivant Husson, De la Bretèque et Heuillet Martin, que la langue pratiquée agit sur le bon fonctionnement du larynx, notamment à forte intensité.
Ceci est connu et utilisé par les professeurs de chant depuis le siècle dernier, qui préfèrent l'italien au français pour " placer une voix ". Et il convient d'en conclure, à mon sens, que les francophones risquent d'être plus en difficulté que d'autres.
UN LARYNX PEUT IL FONCTIONNER SANS IMPEDANCE RAPPORTEE ?
Oui, bien entendu, mais sans grande performance, ou avec tous les risques de dysfonctionnement dès que l'on cherchera l'amplitude et l'intensité vocale. Rappelons qu'il peut y avoir impédance forte, faible ou absence d'impédance. Mais si on veut avoir une forte intensité et une résistance dans le temps, alors il doit y avoir forte impédance pour compenser la forte pression sous glottique et maintenir ainsi le larynx dans un fonctionnement " PROTEGE ".
Figure 6
J'adhère volontiers à la description de Bruno Amy de la Bretèque comparant le fonctionnement de l'impédance à un " gicleur ". Un moteur lambda fonctionnera tant bien que mal avec n'importe quelle qualité d'essence, mais si on veut atteindre des performances, il lui faut l'indice d'octane approprié et un réglage de carburateur approprié.
Dans le fonctionnement de la voix , c'est strictement identique. Une petite voix peut fonctionner sans puissance ni timbre, à condition que l'on ne lui demande pas de performance acoustique. Si on veut timbre riche émergeant et forte intensité vocale, ALORS il faut fournir la résistance de résonateurs permettant l'enrichissement en harmoniques et l'impédance forte compensant la pression sous-glottique. Sinon, ce sont les muscles intrinsèques du larynx qui feront le travail pour compenser et qui se fatigueront très vite.
Je n'analyserai pas le processus de forçage vocal sous tous ses aspects médicaux. Ce n'est pas de ma compétence. Je retiens simplement que le forçage est la conséquence d'un geste malencontreux fait consciemment ou non par l'orateur insatisfait de sa voix telle qu'il la perçoit ou croit la percevoir. L'orateur croit ne pas être entendu : il veut parler plus fort ; il croit ne pas être compris : il veut articuler plus. Il fait en conséquence un mauvais geste, sa voix entre en dysfonctionnement dont le résultat sera la fatigue des muscles intrinsèques du larynx, l'augmentation du forçage et le cercle vicieux amenant à la détérioration du larynx.
Souvent quand l'orateur cherche à parler plus fort, il dit et constate " qu'il s 'époumone " pour se faire entendre. ERREUR
Figure 7
Parler plus fort ne nécessite pas plus de souffle, au contraire, si la voix est bien équilibrée.
D'autre part, si l'orateur parlait d'une voix à forte impédance rapportée, son spectre vocalique serait plus riche, et donc plus timbrée, et il aurait besoin de moins de puissance pour être entendu, même en milieu sonore fort (émergence de la voix sur les harmoniques du singing formant )
· en résumé :
· plus il parle à forte impédance rapportée,
· plus sa voix est timbrée et mieux entendue,
· moins il a besoin de souffle,
· plus son larynx, fonctionne de façon souple et ample
· plus il s'éloigne de la limite du forçage.
Or je crois savoir que, sauf pathologies héréditaires ou dues à des interventions chirurgicales, sur un larynx sain, c'est le forçage qui génère le dysfonctionnement, et par voie de conséquence la détérioration .
Monsieur YAKA nous dirait donc la lapalissade suivante : S'il n'y a pas forçage, il n'y aura plus de dysfonctionnement, et partant, plus de détérioration.
Il convient de rappeler que dans les mêmes circonstances, les mêmes lieux, dans les mêmes conditions, un prétoire par exemple ou une salle de gymnastique, une personne va s'enrouer , et une autre non !
L'un a bien utilisé sa voix, consciemment ou non
L'autre a accumulé les erreurs et franchi le seuil du forçage
Pour ce second cas, je résumerai les causes en trois chapitres dans l'ordre hiérarchique :
1. L'absence de projection du son
2. L'absence de timbre, donc d'impédance
3. L'induction en erreur de l'oreille par les différences acoustiques des salles
L'absence de projection du son, due à un manque de pression sous glottique. Les facteurs psychologiques sont nombreux et connus, de la timidité qui inhibe les muscles abdominaux au stress qui maintient le diaphragme haut. Tous les ré éducateurs savent remédier à ce mauvais geste. Amener de l'air comprimé sous la glotte est une condition nécessaire non suffisante à un bon fonctionnement du larynx.
L'absence de timbre alors que la projection du son est bonne, génère un déséquilibre des formants, souvent absence de formant grave. Absence aussi du formant extravocalique constitutif de la constante de timbre, l'orateur se contentant de prononcer pauvrement la voyelle. Sont à examiner deux aspects générateurs, la morphologie et la culture de l'oreille. Si morphologiquement ses résonateurs ne sont pas sollicités spontanément ( visage trop ouvert, grande bouche, cf figure 4) et si culturellement son oreille ignore ce qu'est un son harmoniquement riche, il est fort probable que l'on ait une voix pauvre et faible, donc fragile.
L'induction en erreur de l'oreille est la plus grande difficulté de fonctionnement des enseignants. Leur voix est bonne, satisfaisante et sans fatigue dans telle ou telle classe. Ils vont en labo, en amphi ou autre salle à acoustique différente (souvent réverbération plus longue), la salle est plus sonore, le niveau de bruit intense et ils en sortent aphones.
Bien des éléments matériels modifient les caractéristiques acoustiques d'une salle, absorbent plus ou moins tel ou tel niveau de fréquences, et ramènent à l'oreille de l'orateur un son différent de celui auquel il a coutume de référencer sa voix.
Le chanteur ou le professionnel formé sait faire la compensation en fonction du fait que :
- la salle est pleine ou vide de spectateurs
- les portes de la salle sont ouvertes ou fermées
- les ouvertures d'arrière scène (coulisses ou accès aux décors)sont ouvertes ou fermées
- les décors sont ou non installés
- les rideaux, manteau d'arlequin, taps, cyclo, pendrillons et autres éléments de rideaux ou toile sont en place ou non
- La sonorisation et ses retours sur scène son branchés, avant ou après " balance "
On a coutume de voir l'artiste professionnel sentant sa voix "qui part " mettre sa main près de l'oreille, en forme de coque, , se rapprocher d'un collègue ou d'un élément de décor vertical ou d'un mur afin de ramener le son " perçu " de sa voix plus près de sa référence.
Celui qui connaît sa voix, en perçoit les richesses harmoniques et les paramètres de fonctionnement ne se laisse pas piéger par ces phénomènes acoustiques EXTERIEURS à son organe.
Si les orateurs n'apprennent pas à connaître leur voix et son utilisation, il ne faut pas s'étonner que celle ci tombe en panne.
Bien d'autres aspects des faits générateurs de dysfonctionnement mériteraient d'être abordés, comme les erreurs psychologiques dans le choix du fondamental usuel, les problèmes endocriniens ou plus simplement les faits de notre société actuelle.
Je résumerai mon intervention en disant : Aucun dysfonctionnement sur un larynx sain ne résiste, à mon avis, à une oreille sachant discerner un son couvert à forte impédance et à un orateur sachant produire ces sons.
J'ai eu la chance de pouvoir exposer devant vous le fruit de quelques dizaines d'années de travail et de réflexion, ceci parce que vous êtes venus écouter la Conférence du docteur Bruno COULOMBEAU. Nous pourrons, s'il le veut bien, répondre à vos questions après son exposé. Je le remercie de sa présence et lui passe la parole.
Christian GUERIN
Troubles vocaux des professionnels
de la voix.
I. Définitions
Faut-il entendre par professionnels de la voix les seuls chanteurs, comédiens,
professeurs de chant et de technique vocale professionnels ?
Bien que les problèmes de voix que présenteront ces derniers
revêtiront le plus souvent des caractères assez particuliers, il
faut en fait inclure dans cette catégorie tous ceux utilisant leur voix
de façon spécialement intense au cours de leur travail :
- intensité -> en quantité : durée d'utilisation
- intensité -> en qualité : volume d'utilisation (voix projetée)
Ainsi élargie, cette définition va recouvrir un champ large,
et concerner aussi bien : - enseignants , avocats, commerçants, standardistes,
secrétaires, journalistes, mères de famille nombreuse ?
A. Usage professionnel
L'apparition de lésions laryngées et leur type dépendent
de la façon dont la voix est utilisée professionnellement.
Ainsi chez les chanteurs par exemple, on ne trouvera pas exactement les mêmes
lésions si le registre de poitrine (lourd) ou de tête (léger)
est utilisé préférentiellement : dans le premier cas les
lésions nodulaires sont plus étalées, alors que dans les
chanteurs (euses) à tessiture aiguë on rencontre volontiers de petits
spicules pointus.
1. Surmenage vocal
Il est en rapport avec un usage intensif de la voix. En pratique, il est assez
rarement isolé chez les patients venant consulter pour des troubles vocaux,
où il est souvent associé à un malmenage vocal.
Mais un surmenage vocal chez des personnes ayant a priori un bonne technique
vocale dans des conditions particulières peut seul conduire à
l'installation de lésions laryngées.
2. Malmenage vocal
Il s'agit d'un dysfonctionnement qualitatif touchant un ou plusieurs des trois
étages de la phonation, soufflerie pulmonaire, vibrateur laryngé
ou résonateurs. Parfois, certains peuvent s'avérer évidents,
notamment à l'étage laryngé. Les associations ne sont pas
rares (tr. du souffle phonatoire, de la coordination phonorésonantielle),
et en particulier les troubles de la coordination pneumo-phonique.
S'il s'agit d'occurrences brèves, nous verrons que l'utilisation inadéquate
qualitative de l'appareil vocal ne s'accompagne pas obligatoirement de lésions,
ni de dysphonie.
B. Caractéristiques morphologiques laryngées congénitales
L'utilisation intensive de la voix est susceptible de révéler
un aspect structurel congénital des cordes vocales, qui aurait pu jusqu'alors
être assez bien toléré, même depuis longtemps. Ainsi
:
- 20% des lésions nodulaires sont associées à une micro-palmure
de la CA. Cette anomalie ne perturbe pas la voix, mais est responsable d'une
hypervascularisation de la CA. Ceci semble favoriser la survenue de nodules,
notamment en cas d'utilisation intensive de la voix.
- une vergeture modérée est souvent très bien tolérée,
mais l'utilisation intensive de la voix est souvent responsable de l'apparition
d'ectasies capillaires, et parfois de lésions nodulaires ou polypoïdes
sur le bord inférieur de la vergeture.
- les kystes épidermiques peuvent aussi rester latents et se 'développer'
avec " l'effort " vocal. On peut ainsi retrouver d'authentiques kystes
épidermiques chez des chanteurs ou enseignants après plusieurs
années d'exercice professionnel.
C. Facteurs étiologiques aggravants
1. Liés au sujet lui-même
- épisodes inflammatoires aigus ORL et surtout laryngés, lorsqu'un
repos vocal insuffisant est observé. Peuvent apparaître des lésions
oedémateuses susceptibles d'évoluer vers des nodules ou polypes,
ou s'installer des ectasies capillaires notamment du bord libre. De même,
des hématomes de CV peuvent évoluer vers des lésions polypoïdes.
- tabagisme
- RGO
- rhinites et/ou sinusites chroniques, manifestations allergiques des VAS
- fragilité capillaire, accompagnant souvent des problèmes circulatoires
- certains médicaments : desséchant la muqueuse vocale (antiH1,
antidépresseurs, dérivés de l'atropine), corticoïdes
inhalés au long cours, …
- stress en situation de communication (trac)
2. Liés aux conditions d'utilisation de la voix
- bruit (classe, usine, boîte de nuit, …).
en général situations dans lesquelles on est obligé de
parler fort.
- ambiance enfumée }
- poussière } -> attention à toux répétée
- polluants }
- air conditionné (var. brutales température), sec
II. Examen
A. Interrogatoire
Il cherchera à préciser les éléments pré-cités,
qui sont souvent multiples.
On s'interrogera sur le motif de la consultation, l'existence d'une éventuelle
dysphonie, et de signes subjectifs (dysesthésies laryngées, tensions,
brûlures, picotements laryngés,…).
Historique, horaire et caractères du trouble de la voix.
Histoire vocale familiale.
B. Examen laryngé
Il est basée sur la laryngoscopie indirecte avec examen vidéo-stroboscopique
de la vibration laryngée.
L'examen est réalisé au moyen d'un endoscope rigide avec optique
à 70° ou 90°, relié à une caméra vidéo
et un stroboscope. L'anesthésie locale n'est quasiment jamais nécessaire.
L'examen est enregistré sur bande vidéo. Il est capital de disposer
d'un excellent magnétoscope permettant une bonne analyse sur ralenti,
et un arrêt sur image autorisant la prise de vidéo prints. La transmission
systématique des informations (dont des photos) aux autres thérapeutes
(rééducateur, chirurgien s'il y a lieu) est fondamentale.
C. Fin du bilan vocal
Il comporte :
- examen du patient en situation, avec un enregistrement vocal sur magnétophone
bi-piste, avec mesure du fondamental laryngé au Glottal Frequency Analyzer
en voix de lecture, puis en voix chantée et parole spontanée.
- il est toujours intéressant d'examiner le plus attentivement possible
le patient en essayant de reproduire lesconditions d'utilisation professionnelle
de sa voix (voix projetée, chant au piano, …).
- la mesure du temps maximal de phonation
- des mesures acoustiques (jitter, shimmer) et aérodynamiques (débit
d'air buccal, quotient phonatoire) à partir d'un [a] tenu (station EVA2).
III. Aspects laryngés observés
A. Mécanismes vocaux hyperkinétiques
Ils se manifestent surtout par une constriction du vestibule laryngé
avec rapprochement, voire à terme hypertrophie des bandes ventriculaires
en phonation. Les attaques en coups de glotte relèvent également
de ces processus. Ces mécanismes peuvent être des compensations,
observées dans certaines pathologies laryngées entraînant
un défaut de fermeture glottique (PL, sulcus, vergeture).
Ils peuvent ne correspondre qu'à un mécanisme de malmenage,
avec volontiers des CV mormales. La voix est souvent d'intensité et de
tonalité plus élevées. Parfois, c'est au contraire une
insuffisance de fermeture laryngée (mécanisme hypokinétique)
qui peut expliquer un timbre voilé et une faible intensité de
la voix.
B. Lésions aiguës
1. Laryngite aiguë
Pas lésion liée au malmenage ou surmenage vocal. Mais repréciser
le risque élevé d'installation de lésions si le repos vocal
n'est pas observé. Traitement médical associé. Parfois,
spicule oedémateux au point nodulaire (chanteurs). 2. Hématome
de corde vocale
Il correspond à la rupture de capillaires situés sous la muqueuse
de la corde vocale. La dysphonie est brutale, très rarement douloureuse,
se manifeste souvent par une sorte " d'anomalie " vocale, avec souvent
une caractère voilé de la voix. Elle est d'importance variable,
souvent liée à l'importance de l'hématome. On le rencontre
notamment chez des chanteurs, mais également dans d'autres circonstances
: toux répétée et violente, cris, après avoir parlé
à volume élevé,…
L'examen est caractéristique, montre un aspect rouge vif de la face
supérieure de la corde vocale, plus ou moins étendu, avec souvent
diminution de la souplesse en stroboscopie. Il est rare que l'on voie alors
les capillaires dont la rupture a provoqué l'hématome. Lors des
examens successifs, l'évolution se fera vers la disparition, la corde
devenant jaunâtre puis retrouvant sa couleur normale en 2 à 3 semaines.
Le seul traitement indiscutable est le repos vocal. Certains traitements d'appoint
sont parfois utiles.
Les complications sont rares (enkystement, évolution vers polype),
la question se pose ultérieurement de l'éventuelle cautérisation
des capillaires responsables.
C. Lésions chroniques acquises
Il ne s'agit nullement d'un catalogue exhaustif, ni spécifique des
lésions laryngées bénignes rencontrées chez les
professionnels de la voix. Nous n'avons retenu ici que les plus fréquentes,
en essayant de décrire les aspects particuliers qui peuvent être
rencontrés en cas d'usage intensif de la voix.
Sont a priori exclues les lésions malignes ou de laryngite chronique
(en dehors de l'œdème de Reinke), iatrogènes (cicatrices, lésions
d'intubation) ou à potentiel dégénératif (papillomatose
laryngée).
1. Nodules et lésions nodulaires
Définitions :
Nous entendons par 'lésions nodulaires' trois types lésionnels
qui se présentent sous des aspects macroscopiques et microscopiques différents,
malgré une parenté évidente.
Le nodule vrai est le plus souvent bilatéral et correspond à
un épaississement de la muqueuse siégeant au point nodulaire,
un peu au dessous du bord libre des cordes vocales. Une forme clinique particulière
est constituée par le spicule de corde vocale, pointu, blanc nacré,
de petite taille, surtout rencontré chez les chanteurs (notamment voix
aiguës féminines).
Le pseudo-kyste séreux est une lésion bien circonscrite située
au point nodulaire ou un peu en arrière de celui-ci. Il est caractéristique
par son aspect translucide, évoquant un kyste à paroi mince.
L'épaississement muqueux fusiforme (œdème en fuseau) est plus
étendu que le nodule, de forme donc plus allongée, et souvent
accompagné de phénomènes inflammatoires. Il existe entre
ces aspects des formes de transition, et parfois de réels 'passages'
d'une forme à l'autre.
Traitement
Rééducation vocale (=traitement étiologique) systématique.
Parfois indication opératoire (notamment chez l'adulte):
- la taille et surtout ancienneté de la lésion (notamment aspect
d'hyperkératose de surface)
- l'altération de la vibration stroboscopique
- l'importance du trouble phonatoire. Pour un chanteur par exemple, une indication
pourra être beaucoup plus facilement posée pour un nodule de petite
taille entraînant des difficultés vocales dans le chant alors que
la voix parlée est peu modifiée.
- surtout, l'échec de la rééducation.
Cas particulier des lésions nodulaires du garçon prépubère
(disparition des petites lésions avec la croissance laryngée).
Association à micro-palmure : entre 20 et 25%.
Association à (complication de) lésion intra-cordale : environ
9%, donc toujours bien explorer en per-opératoire.
2. Polype de corde vocale
Définition et généralités
Il s'agit d'une pseudo-tumeur inflammatoire habituellement unilatérale,
et implantée le plus souvent à peu près au point nodulaire.
Il témoigne d'efforts vocaux importants, parfois on retrouve seulement
des efforts à glotte fermée.
Retenons quelques points importants :
- semble intéresser plus souvent les hommes, avec cependant un pourcentage
de sujets féminins important
- il est de façon non rare (10 à 15%) associé à
une lésion congénitale de corde vocale (kyste épidermique,
sulcus ou vergeture), représentant donc une complication qu'il ne faudra
pas méconnaître lors de l'intervention. Traitement
Avant tout phonochirurgical.
Résultats excellents.
Rééducation vocale systématique (10 à 15 séances).
Risque de récidive sinon.
3. Œdème de Reinke
Description
Cette lésion se retrouve de façon non exceptionnelle dans toutes
les catégories d'utilisateurs professionnels de leur voix, notamment
dans le milieu du show-biz et les acteurs, plus rarement chez les chanteurs
lyriques.
L'origine en est essentiellement le tabagisme (malmenage vocal 'chimique'),
en raison des lésions provoquées au niveau du larynx et de la
muqueuse cordale par les goudrons. Dans quelques rares cas, on retrouve d'authentiques
OR sans notion de tabagisme, mais avec alors un contexte de surmenage vocal
important.
Clinique
Il s'agit d'une affection correspondant à un œdème diffus du
chorion distendant la muqueuse de recouvrement, qui est plus ou moins atrophique
et sillonnée de vaisseaux.
Il semble toucher autant les hommes que les femmes, même s'il est sans
doute moins bien toléré par ces dernières en raison des
caractéristiques acoustiques vocales en résultant.
L'examen laryngé est caractéristique, depuis l'aspect myxoïde
de la muqueuse des cordes jusqu'à la volumineuse distension en vessie
natatoire.
Traitement
Il doit être discuté avec prudence et en accord avec le patient.
L'arrêt du tabac est impératif. On doit prendre en compte l'aspect
anatomique, mais aussi et surtout la demande et la motivation du patient. Prendre
garde à la modification de 'personnalité' vocale du patient.
En cas d'intervention, les suites opératoires sont habituellement bonnes.
La corde apparaît très désinfiltrée et souple à
la stroboscopie. La voix est plus haute, plus claire et moins éraillée.
Les résultats sont stables si le patient ne reprend pas le tabac, et
suit une bonne rééducation vocale.
4. Ectasies capillaires
Définition
Vaisseaux dilatés siégeant le plus souvent à la face
supérieure des cordes vocales. Leur trajet est habituellement parallèle
au bord libre, souvent sinueux, et se termine habituellement par un peloton
angiomateux de taille variable.
Signes
Parfois, le vaisseau dilaté résume la symptomatologie. Il gêne
peu la vibration stroboscopique, n'entraîne pas de modification notable
du timbre vocal. La plainte des patients concerne essentiellement la fatigabilité
vocale, sans doute du fait de phénomène vaso-moteurs secondaires
à une utilisation prolongée de la voix. C'est donc ici la gêne
fonctionnelle ressentie par les patients qui poussera à l'intervention,
en particulier chez le chanteur.
Risque d'hématome.
Indications opératoires
Le premier point en laryngoscopie indirecte est d'éliminer une cause
intra-cordale dont l'ectasie capillaire serait une manifestation superficielle.
La stroboscopie apporte des éléments indispensables pour le diagnostic.
Parfois les ectasies sont associées à des lésions de
type nodulaire. Ce sont surtout de ces dernières que dépendront
les troubles vocaux et l'indication opératoire. Toujours bien palper
la corde pendant l'intervention, parfois cordotomie exploratrice indiquée.
Suites opératoires et résultats
Les suites opératoires sont très simples. Les vaisseaux cautérisés
mettent plusieurs semaines avant de disparaître complètement. Le
résultat final est très bon, sous réserve que soit pratiquée
une rééducation vocale pré- et post-opératoire.
5. Kystes muqueux par rétention
Définition
Il s'agit de kystes sous-muqueux vrais liés à l'obstruction
du canal excréteur d'une glande muqueuse, le plus souvent de la sous-glotte.
Indication opératoire
Systématique, quand le diagnostic est effectué en laryngoscopie
indirecte, ou qu'il existe un doute important.
Parfois, il s'agira d'une découverte opératoire, quand l'ablation
d'une lésion que l'on prenait pour un nodule fera sourdre le liquide
muqueux caractéristique.
Suites opératoires et résultats
Le résultat final après rééducation est le plus
souvent excellent tant sur le plan anatomique que fonctionnel. Le risque de
récidive existe, souvent lié à des difficultés de
dissection de la poche kystique (3 récidives pour 139 cas).
D. Lésions chroniques congénitales
1. Lésions de la commissure antérieure
Palmure de la CA
Micro-palmure de la CA :
- assez fréquentes
- responsables de peu de signes acoustiques
- volontiers associées à d'autres lésions, notamment
nodulaires (env. 20% des lésions nodulaires opérées)
- doivent être recherchées devant un aspect hypervascularisé
de la CA. Diagnostic souvent difficile.
- ttt chirurgical suivi d'exercices respiratoires spécifiques et d'une
rééducation orthophonique.
2. Kystes épidermiques - Sulcus - Vergetures - Pont muqueux
Nous étudierons ces lésions ensemble en raison de leur parenté
étio-pathogénique.
Les progrès en matière d'examen laryngé, surtout le développement
des techniques vidéos, fibre optique et de stroboscopie permettent d'en
améliorer le diagnostic -> augmentation de fréquence apparente
?
Définition
Kyste épidermique : formation plus ou moins arrondie située
dans le chorion sous-muqueux, limitée par une paroi infiltrant parfois
les fibres conjonctivo-élastiques du ligament cordal qui peuvent être
dilacérées. Leur contenu est en général un liquide
blanc nacré constitué de desquamations cornées et de cristaux
de cholestérol. Certains kystes présentent une ouverture située
le plus souvent un peu au dessus du bord libre de la corde, permettant au kyste
de se vider spontanément.
Sulcus glottidis : invagination de l'épithélium de revêtement
réalisant une poche plus ou moins profonde située dans le chorion,
et s'enfonçant en bas et en dehors jusqu'au ligament cordal auquel elle
adhère plus ou moins.
Nous désignons par vergeture (Garel 1920) un aspect de sillon atrophique
plus ou moins étendu au niveau du bord libre de la corde vocale, donnant
à cette dernière une allure arquée. La berge inférieure
de ce sillon comporte souvent une bride fibreuse sous-muqueuse tendue et rigide,
alors que la berge supérieure est plus souple. La muqueuse tapissant
le fond de la vergeture est très mince et atrophique, et adhère
intimement en profondeur au ligament vocal sur lequel elle ne peut plus coulisser.
La dissection met souvent en évidence une véritable déhiscence
des fibres conjonctivo-élastiques du ligament cordal, qui aboutit à
une adhérence directe de la muqueuse atrophique aux fibres musculaires.
L'aspect typiquement décrit en laryngoscopie indirecte de 'sillon blanchâtre
courant parallèlement au bord libre de la corde vocale et donnant un
aspect de glotte ovalaire', définition classique du sulcus glottidis,
nous semble en fait correspondre plus souvent sous microscope à une vergeture
qu'à un sulcus. La distinction de ces deux lésions nous semble
fondamentale, car leur pronostic est très différent.
Le pont muqueux se présente comme une bride muqueuse parallèle
au bord libre, dont elle se détache, avec une attache antérieure
et une attache postérieure. Histologie : épithélium pluristratifié
croissant de façon centrifuge. Il est presque toujours assié à
l'une des trois lésions précédentes. Son origine est pour
nous l'ouverture d'une poche kystique en deux points inférieur et supérieur,
individualisant entre eux une bande muqueuse saine plus ou moins large réalisant
le pont muqueux.
Statistique
Le diagnostic est le plus souvent fait entre 30 et 40 ans, ce qui suppose
une bonne tolérance clinique.
L'association à des lésions secondaires (nodules, polypes, pseudo-myxome)
n'est pas rare (env. 25%).
Indication opératoire
En principe systématique, mais dépend de la tolérance
de la lésion. Pb de l'usage intensif de la voix.
Suites et résultats post-opératoires.
Rééducation orthophonique fondamentale. Elle seule permet de
tirer le meilleur parti de l'amélioration anatomique obtenue par l'intervention.
Elle doit être poursuivie assez longtemps, car l'amélioration vocale
ne se fait que progressivement, contrairement aux nodules et polypes.
Résultats lointains assez positifs, mais diffèrent selon la
lésion initiale.
IV. Distribution lésionnelle
L'ensemble des lésions précédemment décrites peuvent
être retrouvées chez le professionnel de la voix. Des différences
vont cependant être constatées selon la 'catégorie' d'appartenance.
De même, des disparités seront observées selon le sexe
A. Chanteurs
1. Lyriques ou classiques
Les lésions observées sont le plus souvent de petite taille
et assez souples.
Retenir l'existence très fréquente d'un épaississement
physiologique souple du bord libre de la corde qui ne doit jamais faire parler
de nodules.
Femmes
Spicules (tessitures élevées, sopranos).
Pseudo-kystes séreux souples, perturbant la fermeture glottique sur
les attaques ou dans les passages.
Ectasies capillaires, parfois mini-angiomes.
Kystes et sulcus sont loin d'être exceptionnels.
Hommes
Lésions nodulaires exceptionnelles.
Parfois pseudo-kystes.
Petits polypes (séquelles hématomes ?).
Kystes et sulcus
2. Chanteurs de variétés
Caractéristiques de 'technique vocale' :
- technique vocale initiale souvent intuitive
- utilisation moindre de la couverture du son
- registre de poitrine 'monté' plus haut
Les lésions observées sont globalement les mêmes, mais
généralement plus grosses et inflammatoires. Le tabagisme est
fréquent, les polypes plus nombreux, ainsi que les lésions congénitales.
Remarque sur les particularités liées aux chanteurs :
- de petites anomalies congénitales laryngées sont compatibles
avec une activité vocale chantée de qualité, se décompensant
secondairement au fil des années.
- avant d'incriminer une mauvaise technique, pratiquer un bilan laryngé
très précis avec stroboscopie laryngée. Si la mise en évidence
d'une micropalmure antérieure peut s'avérer très difficile
en laryngoscopie indirecte, les altérations stroboscopiques peuvent par
contre faire suspecter kyste ou sulcus. Parfois, quand traitements médicaux
et travail vocal restent inefficaces, l'indication d'une exploration sous microscope
peut être proposée. - réadaptation vocale délicate
qui nécessite pour le rééducateur une connaissance personnelle
poussée des questions de voix chantée.
- un éventuel geste opératoire doit être particulièrement
prudent et minutieux de façon à ne pas encourir de cicatrice,
qui serait catastrophique pour la voix chantée -> qualification du
chirurgien.
- angoisse de perdre son outil de travail ou pour le moins sa passion
- difficulté d'accepter une interruption durable des activités
vocales (au moins trois mois)
B. Comédiens
Femmes
Pseudo-kystes et kissing nodules
Hématomes
Œdème de Reinke
Hommes
Polypes
Hématomes
Œdème de Reinke
C. Autres : enseignants, secrétaires, commerçants, …
Femmes
Lésions nodulaires (passages de l'une à l'autre)
Hommes
Lésions polypoïdes
Lésions liées au tabac
Usage de la voix en atmosphère bruyante -> lésions plus diffuses
et inflammatoires (polypes ++)
V. Diagnostic différentiel
Nous avons vu que les facteurs étiologiques des lésions laryngées
sont souvent nombreux, intriqués chez un même individu, et qu'il
n'est pas toujours évident d'en déterminer le principal.
Le diagnostic différentiel entre une lésion congénitale
révélée par un usage professionnel intensif de la voix,
et une lésion laryngée secondaire à une telle utilisation
n'est ainsi pas toujours très aisé, ce d'autant moins que de telles
lésions peuvent être associées.
On devra alors s'appuyer sur les éléments cliniques, l'histoire
vocale, les analyses acoustiques et surtout l'examen stroboscopique des cordes
vocales. Ce diagnostic différentiel peut revêtir une importance
capitale, car il conditionnera l'orientation thérapeutique, et les résultats
escomptés de celle-ci.
Quelques situations peuvent être plus spécialement identifiées
:
- diagnostic différentiel entre cordes vocales normales et lésion
structurelle minime : p.e. de minimes sillons du bord libre peuvent être
responsables d'un discret défaut de fermeture de type mini-glotte ovalaire
et expliquer qu'une personne ayant un voix sub-normale ait vu des troubles vocaux
apparaître lors de l'usage intensif.
- diagnostic différentiel entre kissing nodules et petit polype muqueux,
ou petit kyste muqueux par rétention : ici, les perspectives évolutives
avec traitement médical/orthophonique vont être complètement
divergentes. L'aspect en stroboscopie est fondamental pour effectuer un bon
diagnostic initial, qui permettra d'orienter au mieux les patients. Parfois,
le diagnostic de certitude est impossible d'emblée, et l'évolution
permettra de préciser celui-ci.
- diagnostic différentiel entre ectasies capillaires isolées
ou signe de surface d'un kyste intra-cordal congénital : là encore,
c'est souvent l'examen stroboscopique, puis l'évolution avec le travail
vocal qui permettront de poser un diagnostic et un pronostic thérapeutique
(nécessité d'une intervention de micro-chirurgie laryngée
ou non). Mais il n'est pas rare que l'indication opératoire soit posée
devant une évolution non satisfaisante sous traitement médical,
intervention qui aura alors pour double but d'effectuer un bilan cordal précis
sous microscope et de réaliser un éventuel geste thérapeutique.
VI. Aspects thérapeutiques
A. Moyens
1. Traitement médical (chimique)
Essentiellement utile dans le cadre des affections aiguës (laryngite
aiguë, +/- hématome) ou subaiguës (RGO, inflammation chronique).
Son orientation est alors symptomatique (anti-inflammatoires locaux ou généraux,
stéroïdiens ou non, antiseptiques locaux, antibiotiques, fluidifiants,
homéopathie, …).
Le traitement de fond d'affections chroniques ORL, de terrains allergiques
pose parfois des problèmes particuliers.
Rappelons s'il est besoin l'importance de l'arrêt (et de l'aide à
l'arrêt) du tabac.
2. Travail vocal
L'entraînement vocal et la recherche d'une bonne technique d'utilisation
de la voix est un point clé du parcours vocal des professionnels de la
voix. Chez bon nombre d'entre eux, ce sera d'ailleurs la première approche
réalisée en ce sens.
Ce travail peut s'inscrire dans plusieurs cadres :
- rééducation vocale assurée par un(e) orthophoniste
: c'est volontiers la première prise en charge proposée aux professionnels
de la voix présentant des lésions ou des ébauches lésionnelles
laryngées. Elle nécessite une évaluation phoniatrique à
terme, qui peut déboucher sur la poursuite de ce travail à titre
personnel. Il est fondamental que les orthophonistes sollicité(e)s aient
une certaine habitude du travail vocal, éventuellement une recherche
ou pratique personnelle, notamment s'il s'agit de travail sur la voix chantée
ou utilisée à forte intensité, et a fortiori chez des chanteurs.
- travail avec un 'professeur de voix' : ce travail doit toujours être
envisagé lorsqu'il s'agit de chanteurs ou de comédiens. Chez des
patients utilisant leur voix à forte intensité, une telle approche
permet souvent d'éviter le retour à de nouvelles conduites de
forçage vocal, et peut être proposé.
- autres prises en charges et formes de travail corporel : le bilan initial
aura pu mettre en évidence des aspects particuliers à prendre
en charge (pb dentaires, troubles de la statique, …) justifiant des recours
spécifiques. Enfin, un travail corporel global peut s'avérer profitable
(relaxation, yoga, sophrologie, Feldenkrais, Alexander, …)
3. Phonochirurgie
Son but n'est pas anatomique, mais fonctionnel. Il s'agira de restituer les
meilleures conditions possibles pour l'obtention d'une récupération
fonctionnelle optimale.
Elle peut être soit envisagée d'emblée, soit secondairement
(cf infra). DE FACON EXCEPTIONNELLE, elle pourra être effectuée
de façon isolée. Elle est donc le plus souvent indissociable d'un
travail vocal, qui permettra d'appréhender le mécanisme générateur
des troubles vocaux, ou qui aura pu s'installer secondairement dans le cas de
lésions anciennes (cas des affections congénitales).
B. Indications
Trois cas schématiques :
1. Absence de lésions laryngées
Le choix peut se poser de l'abstention thérapeutique. Il est nécessaire
de bien rechercher des circonstances potentiellement favorisantes (cf II.C.).
Enfin, il est souvent judicieux de proposer un travail personnel, vocal ou plus
général. En cas de travail vocal indiqué, s'il existe des
mécanismes notamment hyperkinétiques nets, le recours initial
à un(e) orthophoniste apparaît sans doute préférable.
2. Existence de lésions laryngées ayant un potentiel régressif
Le travail vocal en orthophonie est indiqué en tout premier lieu.
Il permettra d'aborder les mécanismes générateurs de
la lésion laryngée, et souvent d'aboutir à la nette régression
ou disparition de celle-ci. A l'issue de la prescription initiale, un bilan
phoniatrique est indispensable (importance de la transmission d'information
par l'orthophoniste). Là encore, trois situations peuvent schématiquement
être rencontrées :
- disparition des lésions initiales et du trouble vocal :se pose alors
la question de la poursuite du travail vocal avec un professeur de voix, ou
d'une pratique vocale personnelle.
- amélioration sans disparition : poursuite du travail vocal en orthophonie
?
- aspect identique ou moins bon, gêne fonctionnelle inchangée
: on doit alors se poser la question de la qualité du travail vocal effectué,
du diagnostic initial porté (un échec en rééducation
bien conduite a souvent une valeur diagnostique importante dans les cas cités
en V.), ou de l'indication d'une micro-chirurgie exploratrice.
3. Lésions n'ayant pas de potentiel régressif
(ou ayant insuffisamment régressé malgré un travail vocal
bien conduit cf supra)
Abstention thérapeutique ? : si le patient est opposé à
une prise en charge notamment chirurgicale, si le trouble est finalement assez
bien toléré (problème de l'intensité d'utilisation…),
si la préparation pour une intervention n'est pas encore suffisante.
Poursuite de la rééducation ?
Phono-chirurgie instrumentale : le but de cet exposé n'est pas de décrire
les techniques de la micro-chirurgie instrumentale laryngée. Retenons
seulement qu'elle doit toujours être ENTOUREE par un travail vocal en
orthophonie, la durée de celui-ci étant fonction de la lésion
opérée. Plus les mécanismes de 'mauvaise' utilisation vocale
seront anciens (lésions nodulaires anciennes, pathologie structurelle
ou intra-cordale congénitale,…), plus la rééducation pré-opératoire
sera longue, parfois jusqu'à une série complète de séances
(± 30). De même, la rééducation post-opératoire
doit être suffisamment longue pour permettre de tirer le meilleur parti
possible des modifications laryngées anatomiques et fonctionnelles autorisées
par la chirurgie, et bien sûr d'éviter les récidives éventuelles.
Signalons pour terminer le cas particuliers des gestes opératoires effectuées
en plusieurs temps (kystes ou sulcus bilatéraux ou compliqués
d'une lésion acquise, vergetures bilatérales avec ou sans injection
compensatrice,)
APPRECIATIONS D'ORTHOPHONISTES
APRES LEUR STAGE
" Il y avait un " Avant ", il y aura un " Après " ce stage Bordeaux
"
Avec ces bases, j'entreprends des rééducations sans appréhension
Marseille "
J'ai pu appliquer sur moi notamment la tonification du larynx.
Ce stage m'a passionnée Nantes
" Excellente formation, claire, précise et professionnelle,
grâce aux exercices pratiqués sur ma voix au cours du stage. Paris
" Stage très enrichissant qui donne envie de prendre en charge
davantage les rééducations vocales Versailles
" Ce stage pratique avec expérimentation sur soi m'a permis
de comprendre et mieux appliquer sur mes patients Lyon
" Technique intéressante, mise en application et vérifiée sur
mes patients dysphoniques. Cette " formation de l'oreille du praticien " serait
à transmettre aux étudiants. Tours
" Exploration complète et fine du geste vocal. Toulouse
" Ce stage a été très clair, explicite et dynamique et j'y suis
retournée chaque jour avec grand plaisir et intérêt. Marseille
" Résultats obtenus chez des patients dès le premier mois Bordeaux
" Stage dynamique et vivant où on ne s'ennuie pas un instant
Cannes
" Quelle remise en cause de nos connaissances du passé ! Poitiers
Résultat statistiques :
Amélioration de la méthode de rééducation : 95%,
Placement du son dans les résonateurs : 89%,
Phonation sans effort : 85%,
Amélioration de l'acuité de l'oreille : 85%,
Tonification du larynx 75%
![]()